Grammaire: des élèves de 6e année plus performants que ceux de 1re secondaire

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) La grammaire, c'est bien connu, donne du fil à retordre aux élèves québécois. Mais selon une recherche réalisée par une équipe de chercheurs de l'UQAM, des élèves de sixième année réussissent mieux que des élèves de... première secondaire.

L'équipe de Chantal Ouellet, professeure à la Faculté des sciences de l'éducation de l'UQAM, a voulu en apprendre davantage sur les connaissances acquises en grammaire par les élèves de la fin du primaire et du début du secondaire. On sait déjà qu'à l'épreuve d'écriture de deuxième secondaire, 40 % des élèves échouent au critère d'évaluation qui concerne l'orthographe d'usage et grammaticale.

Cette étude a été menée auprès de 230 élèves de sixième année et de première secondaire, dans quatre commissions scolaires, dont deux situées dans la région de Québec. Grâce à une dictée donnée au début et à la fin de l'année scolaire, les chercheurs ont pu constater que les élèves de sixième année s'étaient davantage améliorés pendant l'année que ceux de première secondaire. En juin, les fautes étaient même moins fréquentes dans les copies des élèves de sixième année!

«Ça nous a beaucoup étonnés», lance Mme Ouellet.

Il est possible d'avancer quelques pistes d'explication à la lumière des journaux de bord rédigés par les enseignants au cours de cette étude et des entretiens réalisés auprès d'eux.

«Dans les classes où ça fonctionne bien, les enseignants avaient intégré des pratiques innovantes, comme la dictée zéro faute, qui part des difficultés des élèves pour améliorer leur raisonnement grammatical», explique Mme Ouellet. 

Lorsqu'un enseignant donne une dictée zéro faute, il permet aux élèves de poser toutes les questions qu'ils désirent pendant la dictée. Le rôle du prof n'est alors pas de répondre directement aux questions des élèves, mais plutôt de les amener à réfléchir aux moyens qu'ils connaissent pour répondre eux-mêmes à leurs propres doutes et interrogations.

«Mais ce sont loin d'être tous les enseignants qui fonctionnent comme ça, ajoute-t-elle. Ça demeure très traditionnel, la façon d'enseigner la grammaire.» 

Besoins en formation

Cette professeure de l'UQAM a d'ailleurs été étonnée de constater que certains profs enseignent toujours selon la grammaire traditionnelle, réputée pour être moins efficace, alors que la nouvelle grammaire fait partie des programmes de français au secondaire depuis 1995.

Les entretiens réalisés dans le cadre de cette étude ont d'ailleurs fait ressortir les besoins en formation continue des enseignants. «Il y a de gros besoins à ce niveau», indique Chantal Ouellet.

Or dans la foulée des compressions exigées par le gouvernement Couillard, la formation des enseignants pour l'amélioration de l'enseignement du français fait partie de la liste des 32 «mesures d'appui à la réussite» où les commissions scolaires doivent trouver des économies de 90 millions $. On trouve aussi dans cette liste l'aide aux devoirs l'aide alimentaire et les mesures visant à combattre l'intimidation et la violence à l'école dont les coupes ont défrayé les manchettes au cours des dernières semaines.

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