Bras de fer sur la lutte contre l'intimidation

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«Si c'est un enjeu prioritaire pour la société, comme l'aide aux devoirs, je regrette, ce n'est pas acceptable de faire des coupes dans ces domaines-là. Il faut qu'on le comprenne et je crois qu'on devra le comprendre», a affirmé brièvement le premier ministre Philippe Couillard.

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Le premier ministre Philippe Couillard et son ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, ont sévèrement rabroué les commissions scolaires qui coupent dans les sommes consacrées à la lutte contre la violence à l'école, leur demandant de corriger le tir. Mais ces dernières rétorquent qu'il s'agit d'une conséquence directe des compressions imposées par Québec.

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À l'entrée du Forum sur l'intimidation qu'il présidait jeudi à Québec, Philippe Couillard a affirmé qu'il fallait préserver les budgets alloués à la lutte contre l'intimidation dans les écoles.

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La présidente de la Fédération des commissions scolaires, Josée Bouchard, a rappelé jeudi que les commissions scolaires ont déjà subi des compressions totalisant près de 800 millions $ depuis 2010 et que leurs coûts administratifs se situent sous la barre des 5 %. L'effort administratif a déjà été fait, dit-elle.

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À l'entrée du Forum sur l'intimidation qu'il présidait jeudi à Québec, le premier ministre Couillard a affirmé qu'il fallait préserver les budgets alloués à la lutte contre l'intimidation dans les écoles. «Si c'est un enjeu prioritaire pour la société, comme l'aide aux devoirs, je regrette, ce n'est pas acceptable de faire des coupes dans ces domaines-là. Il faut qu'on le comprenne, et je crois qu'on devra le comprendre», a-t-il affirmé brièvement.

Le Soleil révélait jeudi que plusieurs commissions scolaires ont décidé cette année de réduire les sommes consacrées à la lutte contre l'intimidation et la violence dans les écoles, dans la foulée des compressions exigées par Québec.

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, rappelle que les commissions scolaires doivent faire ces compressions sans toucher aux services aux élèves. «Il faut regarder au niveau de la gestion, de l'administratif, au niveau des structures pour être capables de faire des économies à cet endroit», affirme-t-il.

Il s'agit d'un nouveau bras de fer entre le gouvernement Couillard et les commissions scolaires, qui s'ajoute aux affrontements des dernières semaines entourant d'autres coupes dans le réseau scolaire : aide aux devoirs, achats de livres, aide alimentaire... La liste est longue.

Chaque fois, le gouvernement répète qu'il ne faut pas toucher aux services aux élèves alors que les commissions scolaires affirment n'avoir d'autre choix en raison des compressions imposées par Québec.

«On est rendu là»

«Le gouvernement ne peut pas dire présentement que les compressions ne peuvent pas toucher les services aux élèves», affirme Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires. «C'est pas souhaitable, c'est sûr, pensez-vous qu'on aime ça couper là-dedans? Mais on est rendu là. On a fait ce choix-là.»

Mme Bouchard rappelle que les commissions scolaires ont déjà subi des compressions totalisant près de 800 millions $ depuis 2010 et que leurs coûts administratifs se situent sous la barre des 5 %. L'effort au niveau de l'administration a déjà été fait, dit-elle.

Mais le ministre Bolduc en doute, si bien qu'il a décidé mercredi d'envoyer un vérificateur à la commission scolaire des Patriotes, sur la Rive-Sud de Montréal, où le programme d'aide aux devoirs a été aboli. Même scénario pour la commission scolaire de Montréal, qui recevra elle aussi la visite d'un vérificateur, après avoir refusé de procéder à la totalité des coupes exigées par Québec.

Concernant les coupes dans la lutte contre la violence à l'école, le ministre Bolduc a précisé jeudi qu'il s'attend à ce que les nouveaux élus scolaires, au lendemain des élections du 2 novembre, «prennent des nouvelles orientations» concernant les sommes consacrés à combattre l'intimidation.

Ces compressions ont aussi été qualifiées «d'inacceptables» par Jasmin Roy, qui préside une fondation qui lutte contre l'intimidation dans les écoles du Québec.

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Le comédien Jasmin Roy (à droite), que l'on voit ici avec le ministre de l'Éducation Yves Bolduc, participait jeudi au Forum sur la lutte contre l'intimidation.

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Un plan d'action espéré sur fond de compressions

Le plan d'action gouvernemental, qui découlera du Forum sur la lutte contre l'intimidation, sera-t-il accompagné d'argent frais? Dans un contexte d'austérité budgétaire, les inquiétudes étaient vives jeudi, alors que les compressions étaient au coeur de bien des discussions.

En plus de condamner les coupes dans les budgets consacrés à combattre la violence à l'école, le premier ministre a dû défendre jeudi la décision de son gouvernement de suspendre une campagne publicitaire de lutte contre l'homophobie, ce qui lui permet d'économiser 1 million $ cette année.

«Qu'est-ce qui est le plus efficace? Est-ce que ce type de campagne a vraiment un impact sur le terrain? Est-ce qu'on devrait plutôt investir auprès des gens dans les écoles? Nous sommes ici pour dégager des priorités», a affirmé Philippe Couillard, en marge du forum qu'il présidait.

De son côté, la ministre responsable de ce dossier, Francine Charbonneau, affirme que de l'argent frais sera disponible pour renforcer la lutte contre l'intimidation, mais en temps et lieu. «Il y aura ce qu'il faut au rendez-vous, mais avant de définir combien, il faut définir comment», a-t-elle affirmé jeudi.

Cette dernière a rappelé qu'il est possible d'agir sans que la facture soit élevée, citant l'exemple d'une commission scolaire qui a organisé une marche pour sensibiliser les élèves à cet enjeu.

Enjeu majeur

Pourtant, les intervenants étaient nombreux jeudi à affirmer que le financement est un enjeu majeur. «Il faut des sous, on a besoin de marge de manoeuvre», a affirmé Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement.

Le comédien Jasmin Roy, président d'une fondation qui lutte contre l'intimidation à l'école, estime aussi que «les moyens sont importants». «On a besoin d'argent, de ressources, a-t-il affirmé. Cela dit, il y a moyen de travailler sans que ça coûte des millions. À la fondation, ce qu'on fait, ça coûte entre 10 000 $ et 15 000 $ par école.»

La formation, pour permettre aux intervenants de mieux agir, est aussi une priorité, ont affirmé entre autres la Fédération des commissions scolaires et la Centrale des syndicats du Québec.

Le plan d'action gouvernemental est attendu au début 2015, puisque la consultation auprès des organismes concernés se poursuit jusqu'à la fin novembre.

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