Le budget pour la lutte à l'intimidation victime des coupes

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La titulaire de la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu éducatif, Claire Beaumont, espère que le manque de fonds ne servira pas d'excuse aux enseignants pour les empêcher d'intervenir s'ils sont témoins d'un acte d'intimidation.

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) La lutte contre l'intimidation et la violence à l'école est elle aussi victime des compressions dans le réseau de l'éducation. Des commissions scolaires ont réduit le budget qui y était consacré, alors que s'ouvre ce matin un grand forum sur ce sujet, présidé par le premier ministre Couillard.

À la commission scolaire des Découvreurs, qui couvre le secteur ouest de Québec, la totalité du budget consacré à prévenir et combattre l'intimidation et la violence à l'école a été coupé cette année. En 2013-2014, 47 000 $ y étaient consacrés. Au primaire, un professionnel responsable de ce dossier a toutefois été embauché grâce à une autre enveloppe budgétaire, précise le porte-parole Alain Vézina, si bien que la commission scolaire considère que les coupes sont plutôt de l'ordre de 50%.

M. Vézina rappelle que la commission scolaire devait couper 2,6 millions $ dans ses dépenses cette année. «On s'est assis avec nos directions d'école et ça fait partie des décisions qui ont été prises», dit-il. Au primaire, un professionnel responsable de ce dossier a toutefois été embauché grâce à une autre enveloppe budgétaire, précise M. Vézina. 

Les sommes consacrées à la prévention de l'intimidation ont aussi été réduites dans d'autres commissions scolaires, selon une recension effectuée par Le Soleil. À Portneuf, le budget a diminué de 40 %. Dans le Bas-Saint-Laurent, à la commission scolaire des Phares, la ponction est de 30 %. Dans la région de Montréal, les commissions scolaires Marguerite-Bourgeoys et des Affluents ont réduit respectivement ce budget de 25 % et de 20 %.

«Ça fait partie des choix déchirants qu'on a dû faire à cause des compressions», affirme Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la Fédération des directions d'établissement d'enseignement, qui estime que le discours gouvernemental est pour le moins «paradoxal».

«On fait un grand forum à Québec où on parle de l'importance de lutter contre l'intimidation et la violence, mais d'un autre côté, on fait des compressions. Ça n'a pas d'allure d'être obligé de faire des coupes comme celles-là», dit-elle.

Même son de cloche de la part de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente plusieurs enseignants et professionnels du réseau scolaire. «C'est très déplorable, surtout à la veille d'un grand forum annoncé en grande pompe par le gouvernement», affirme sa présidente, Louise Chabot.

Ce matin, à Québec, environ 200 personnes seront réunies à l'occasion du Forum sur la lutte contre l'intimidation, qui découle d'un engagement pris en campagne électorale par le Parti libéral. 

Le coût de cet événement est estimé à 225 000 $, indique-t-on au gouvernement. «Je prendrais bien cet argent pour mon école», lance Mme Normand-Charbonneau.

De son côté, la titulaire de la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu éducatif, Claire Beaumont, espère que ces compressions ne serviront pas de prétexte pour rester les bras croisés. «Un enseignant qui voit un enfant se faire malmener dans la cour d'école doit intervenir, qu'il y ait de l'argent ou pas», affirme-t-elle. 

Obligation d'agir

Cette dernière rappelle que le réseau scolaire n'a pas eu le choix d'être plus proactif avec l'adoption de la Loi visant à lutter contre l'intimidation et la violence à l'école, en juin 2012, qui oblige toutes les écoles à adopter un plan d'action.

Mais pour que les résultats soient au rendez-vous, «ça prend un minimum de formation», affirme la présidente de la CSQ, qui craint que les coupes aient des conséquences très concrètes à ce chapitre.

Il sera par ailleurs plus difficile de mobiliser les troupes sans ressources financières, ajoute de son côté Mme Normand-Charbonneau. Des directeurs d'école ne pourront pas réunir les comités chargés de mettre en place ce plan d'action s'il n'y a pas d'argent pour libérer les enseignants et le personnel concernés, explique-t-elle.

La situation est toutefois différente d'une commission scolaire à l'autre, puisque certaines d'entre elles ont choisi de ne pas amputer les sommes consacrées à la lutte contre l'intimidation cette année. Dans la région de Québec, c'est le cas des commissions scolaires de la Capitale, des Premières-Seigneuries et des Navigateurs.

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