Conservatoire du Québec: hausse des salaires malgré les déficits

Déçue de la seule recommandation qu'elle a reçue... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

Agrandir

Déçue de la seule recommandation qu'elle a reçue de la part de la direction du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, demandera jeudi des explications.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La direction du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, qui suggère de fermer ses établissements en région pour renflouer ses coffres, a haussé la masse salariale de ses cadres de 9 % en moyenne entre 2008 et 2013, dont une augmentation de 17,5 % en un an, révèle un rapport obtenu par Le Soleil.

La ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, a rejeté sans nuance mercredi la recommandation de mettre la clé dans la porte des établissements de Rimouski, Saguenay, Trois-Rivières, Gatineau et Val-d'Or pour redresser la barre.

Elle transmettra en personne, jeudi, au directeur général et au président du conseil d'administration du Conservatoire, sa «grande déception» par rapport à leur «seule» recommandation pour éponger le déficit cumulé de près de 14 millions $ des écoles de musique et d'art dramatique. 

«On peut réaménager la question des structures, la question de la lourdeur administrative», a notamment évoqué la ministre comme piste de solution. «La mission du conservatoire sera sauvegardée en région», a-t-elle promis.

Aux prises avec le même problème financier, le précédent ministre de la Culture, Maka Kotto, a commandé en février un examen de l'administration et du fonctionnement du Conservatoire. Le rapport d'étape de l'ex-présidente du C. A. de l'institution, Monique Goyette, dont le mandat a été interrompu par le nouveau gouvernement, soulève d'importantes interrogations quant à la gestion des établissements.

L'augmentation de la masse salariale de 17,5 %, par exemple. «L'exercice 2011-2012 démontre bien que le Conservatoire n'avait pas les moyens d'augmenter la masse salariale des cadres de plus de 230 000 $, non plus que de maintenir tous les effectifs en place», peut-on lire.

L'une des suggestions en vue d'un redressement est d'ailleurs une réduction du salaire du directeur général, Nicolas Desjardins, dont la paie a évolué en 2011 de 137 785 $ à 170 037 $, un bond de plus de 23 %, à la suite d'un reclassement.

En 2008-2009, le Conservatoire a bénéficié d'un réajustement en cours d'année qui lui a octroyé 1,6 million $ de plus que prévu. «Plutôt que de profiter de la subvention pour équilibrer son budget, le Conservatoire a augmenté ses dépenses et n'a réduit que de 304937 $ son déficit», constate Mme Goyette.

Lorsque le mandat lui a été confié, note Mme Goyette, «le Ministère considérait ne pas avoir la pleine collaboration du Conservatoire et n'avait plus confiance aux informations financières transmises et considérait inacceptable que cette situation perdure».

L'institution dispose de peu de marge de manoeuvre et la gestion financière doit être serrée. Le rapport évalue que 8,6 millions $ du déficit cumulé est lié à une modification des règles comptables et à des loyers qui n'ont pas été «suffisamment financés». «Il reste toutefois un déficit cumulé de 4,7 millions $ causé par un excédent des dépenses par rapport aux subventions accordées. [...] Le gouvernement est en droit de s'attendre à ce que les organismes qui dépendent de son financement respectent les enveloppes accordées en attendant qu'elles soient bonifiées.»

Si des efforts de rationalisation ont été faits au fil des compressions gouvernementales, il demeure que «la direction actuelle a besoin d'encadrement au plan de la gestion», selon le rapport. Parmi les «pistes financières» envisagées se trouve une «réduction de la strate administrative de la direction supérieure». 

En dernier recours, une réduction du nombre de charges de cours est suggérée. Mais il n'est aucunement question de fermer les établissements régionaux du Conservatoire. En fait, un chapitre s'intitule plutôt: «Remettre au coeur de notre institution la fonction académique et la participation à la vitalité de la culture régionale».

En conférence de presse, mercredi, la ministre David a dit avoir «de nombreuses questions» à poser au directeur général et au président du C. A. du Conservatoire.

«Préavis» de mises à pied

Pour éponger une partie du déficit du réseau qu'elle gère, la direction du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec a envoyé à au moins six de ses employés un «préavis de fin d'emploi».

Quatre autres employés auraient également reçu la même mauvaise nouvelle.

Les lettres datent de lundi. Elles ont été remises aux personnes concernées au cours des dernières heures. Le Soleil a reçu copie de trois de ces préavis.

Ceux que nous avons en main concernent «la cessation partielle des activités du secteur des bibliothèques». Ils visent deux postes de bibliotechnicien et un d'agent de bureau.

Ces décisions sont prises «pour des motifs d'ordre économique», lesquels obligent le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec «à procéder à une rationalisation de ses effectifs», expliquent les lettres.

Ces préavis de fin d'emploi sont signés par le directeur général du réseau, Nicolas Desjardins. 

Avec Jean-Marc Salvet

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer