Yves Bolduc veut évaluer les enseignants

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, est d'avis... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, est d'avis que l'un des meilleurs systèmes d'évaluation est celui mis en place par le Collège des médecins.

Le Soleil, Erick Labbé

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, veut mettre en place un mécanisme d'évaluation des profs au primaire et au secondaire.

Le ministre Bolduc veut regarder «ce qu'on peut faire pour que dans les écoles il puisse y avoir un système d'évaluation» des enseignants, a-t-il affirmé lors d'une entrevue au Soleil hier. «Il faut avoir une évaluation, mais pour l'amélioration et la mise en place des bonnes pratiques. À long terme, avec des professionnels, ça donne de meilleurs résultats», a-t-il ajouté.

Il est donc hors de question d'y aller avec une approche punitive ou de lier la rémunération en fonction de l'évaluation. Selon M. Bolduc, le mécanisme d'évaluation mis en place par le Collège des médecins est un modèle à suivre. Le programme d'inspection professionnel permet chaque année de cibler des médecins en difficulté à qui on propose par la suite différentes formes de perfectionnement professionnel. Seulement 1 % à 2 % des médecins sont visés par ces inspections, indique-t-on au Collège.

Le débat sur l'évaluation des enseignants a refait surface en juin avec la publication du rapport Champoux-Lesage qui recommande notamment que le ministère de l'Éducation mette en place un système d'évaluation des profs. L'autonomie professionnelle reconnue aux enseignants doit être accompagnée d'une évaluation, peut-on lire.

Ordre professionnel

S'il affirme que cette recommandation est une «avenue intéressante», le ministre Bolduc précise tout de même qu'il doit d'abord décider s'il créera un ordre professionnel des enseignants, une autre piste à explorer selon le même rapport.

Même s'il admet avoir un «biais favorable» envers la création d'une telle instance, il ajoute du même souffle être en «réflexion». «Il n'y a pas de décision de prise», tient-il à préciser. Un nouvel avis de l'Office des professions à ce sujet doit lui être remis au cours des prochains mois. «Il y a un coût à mettre un ordre en place. Même s'il n'y a pas d'ordre, il y a moyen d'améliorer la situation», ajoute-t-il.

Au cours des prochains mois, le ministre Bolduc veut aussi entreprendre une révision de la formation des maîtres, a-t-il indiqué hier. Présentement, les programmes universitaires en enseignement sont peu contingentés. «Il y a des ajustements à faire. Est-ce que la cote R est à hausser? Est-ce qu'à l'entrée on devrait avoir des examens de français? Il y a peut-être au niveau des exigences, il y a une réflexion à faire là-dessus», a-t-il affirmé.

Les nouvelles technologies - que l'on pense aux tableaux interactifs que le ministre veut mettre en place dans toutes les classes d'ici cinq ans - devraient aussi être plus présentes dans la formation, ajoute-t-il.

Les futurs profs ne sont pas exposés aux technologies qu'ils vont utiliser en classe, déplore-t-il. «Le tableau interactif, ils l'apprennent quand ils sortent de l'école, quand ils vont aller faire des stages.»

Le ministre Bolduc estime par ailleurs qu'il faut revaloriser la profession d'enseignants, mais prévient toutefois que les solutions à mettre en place devront se faire à coût nul. «L'objectif, ce n'est pas de mettre plus d'argent. C'est de mieux organiser nos classes», dit-il.

Le ministre aimerait profiter de la ronde de négociations qui s'amorcera cet automne dans le secteur public pour «donner plus de pouvoir aux commissions scolaires qui doivent en donner plus aux écoles».

Yves Bolduc sur...

La formation générale au cégep

Dans le cadre de la révision de la formation générale au collégial, le ministre Bolduc est d'accord avec la proposition de la Fédération des cégeps. La semaine dernière, son pdg Jean Beauchesne affirmait au Soleil que la formation générale pourrait contenir moins de cours obligatoires et plus de cours optionnels. «On devrait se donner plus de flexibilité à ce niveau-là», affirme M. Bolduc. Ce dernier rappelle que l'objectif du système scolaire québécois est de former de bons travailleurs mais aussi de bons citoyens. «Il faut développer du jugement et la capacité d'apprendre», dit-il. Des changements à la formation générale pourraient être en place à la rentrée 2016. Daphnée Dion-Viens

Le français et les autres langues

Dans son discours inaugural, le premier ministre Philippe Couillard a dit vouloir insister sur l'apprentissage des langues, en particulier le français. Près de quatre mois plus tard, aucune mesure particulière n'est dans les cartons du ministre Bolduc. «Je n'ai pas de stratégie particulière, [...] je n'ai pas d'agenda précis. Mais on va insister pour que le français soit une priorité au niveau de l'enseignement», a-t-il déclaré. 

Les élections scolaires

Dans nos pages hier, le président de la commission scolaire des Premières-Seigneuries, Jean-Marc Laflamme, remettait en question la pertinence des élections scolaires dans un contexte de compressions budgétaires. Le ministre Bolduc affirme de son côté que la Commission de révision des programmes se penchera aussi sur les commissions scolaires et leur gouvernance. «On n'exclut rien», a-t-il lancé. Une première série de recommandations est prévue pour le mois d'octobre.

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