La violence à l'école fait des ravages dès le primaire

Insultes entre élèves. Bousculades dans les corridors. Bagarres dans la cour... (Photothèque Le Soleil)

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Insultes entre élèves. Bousculades dans les corridors. Bagarres dans la cour d'école. Selon la toute première enquête sur la violence dans les écoles du Québec, c'est au primaire - et non au secondaire - que ces incidents sont les plus répandus.

Les résultats préliminaires de cette vaste étude ont été présentés jeudi par l'équipe de la chercheuse Claire Beaumont, titulaire de la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence à l'école de l'Université Laval.

L'enquête, réalisée auprès de 56 000 élèves, de 4800 membres du personnel des écoles (principalement des enseignants) et de 9000 parents, permet de tracer le tout premier portrait de la violence dans les écoles québécoises.

Un premier constat: les agressions sont bien présentes, en particulier au primaire, où le tiers des élèves et du personnel interrogés affirment voir des bagarres chaque semaine. Au secondaire, il s'agirait d'incidents qui arrivent plutôt une ou deux fois par année.

Au primaire, 23,8 % des élèves affirment avoir été frappés «quelques fois» par un camarade de classe au cours d'une année scolaire, comparativement à 8,7 % au secondaire. Près de 6 % des élèves du primaire affirment avoir été «agressés et blessés gravement», contre 1,5 % au secondaire.

Attaques verbales

Les insultes seraient aussi plus fréquentes au primaire, où un élève sur cinq (20,6 %) affirme être «traité de noms» de façon répétée, au moins deux fois par mois. Au secondaire, cette proportion est plutôt de 16,5 %. Quant aux élèves qui se disent victimes d'insultes quelques fois par année, ils sont 38 % au primaire et 31 % au secondaire.

Si les enfants peuvent parfois être rudes entre eux, ils peuvent aussi être violents envers leurs enseignants. Parmi le personnel scolaire, 10,5 % au primaire affirment recevoir des coups quelques fois par année de la part des élèves, alors que cette proportion est plutôt de 1,3 % au secondaire.

«Contrairement à ce qu'on peut penser, ce n'est pas parce qu'on est au primaire que c'est plus facile d'enseigner. On doit faire face à l'impulsivité et à des enfants qui n'ont pas toujours les mots pour l'exprimer», souligne Mme Beaumont.

Malgré les incidents mentionnés, le climat général des écoles est jugé «plutôt bon» selon les élèves, le personnel scolaire et les parents interrogés.

Concernant la cyberintimidation, 8 % des élèves du primaire et 10 % des élèves du secondaire affirment en avoir déjà été victimes.

De son côté, Mme Beaumont se garde bien d'émettre un jugement sur les chiffres présentés. «On ne veut pas dramatiser, mais on ne veut pas banaliser non plus, explique la chercheuse. En donnant un portrait, on veut présenter la situation actuelle afin de se baser sur des chiffres plutôt que sur des craintes et des perceptions. Ensuite, il faut se demander si c'est ça qu'on veut comme société, avoir 20 % d'enfants qui se font insulter à répétition au primaire.»

S'il est impossible de dire si la violence est plus ou moins présente que par le passé, on peut toutefois affirmer que la préoccupation des adultes par rapport à ce phénomène augmente, ajoute Mme Beaumont: «On connaît maintenant mieux les impacts désastreux de l'intimidation. Ça peut détruire une vie.»

Manque de formation

Même si les incidents sont bel et bien présents sur les bancs d'école, plus de 80 % des enseignants et du personnel de soutien n'ont aucune formation de base pour faire face à la violence, selon l'enquête.

Certaines écoles sont très proactives à ce sujet, mais d'autres le sont moins, dit Mme Beaumont. Plusieurs outils existent, «mais encore faut-il que les écoles veuillent être aidées», lance-t-elle. Dans le cadre de cette enquête, l'équipe de chercheurs a communiqué avec 1930 écoles primaires et secondaires, mais seulement 204 ont accepté d'y participer.

Claire Beaumont, titulaire de la Chaire de recherche... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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Claire Beaumont, titulaire de la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence à l'école de l'Université Laval.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Faits saillants de l'étude

• 20,6 % des élèves du primaire affirment se faire insulter à répétition

• 23,8 % des élèves du primaire affirment avoir été frappés «quelques fois» par un autre élève pendant l'année scolaire

• 80 % du personnel scolaire n'est pas formé pour intervenir dans des cas de violence à l'école

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