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Hausse des droits de scolarité: Québec tranche à la baisse

En plus d'une légère baisse de la hausse... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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En plus d'une légère baisse de la hausse évoquée, les établissements universitaires se feront imposer un plafond pour l'augmentation des frais afférents.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Les droits de scolarité augmenteront très précisément de 2,67 % à la rentrée universitaire de l'automne. Un plafond d'un niveau identique limitera les frais afférents que décrètent les universités.

Deux mois après un Sommet sur l'Enseignement supérieur qui s'est déroulé sous haute tension politique, le ministre Pierre Duchesne a tranché sur le niveau du «dégel» de la facture pour s'inscrire à l'université.

Au lendemain de la grande consultation tenue en février, les membres du gouvernement Marois et les participants évoquaient une hausse de 3 %. En décrétant que ce sera un peu moins, le ministre de l'Enseignement supérieur fait en sorte qu'une année d'études pour l'obtention de 30 crédits coûtera 56 $ de plus par étudiant.

Pour le réseau universitaire - et les quelque 200 000 personnes inscrites à hauteur de 30 crédits -, cela signifie un financement supplémentaire de 11,5 millions $. Les étudiants du premier cycle (plus nombreux) absorberont 9,2 millions $; ceux du second cycle, 1,8 million $; les inscrits au troisième cycle, 500 000 $.

Il n'a pas été possible d'obtenir une estimation pour le relèvement des frais institutionnels parce qu'ils varient selon les universités et selon le type d'enseignement. Par contre, les établissements auront désormais le même plafond pour augmenter cette ardoise. Ils ne pourront le dépasser qu'après entente avec les associations étudiantes.

Le pourcentage de 2,67 % correspond à l'indice du revenu disponible des ménages. Cette formule reflète mieux que d'autres ce que les étudiants peuvent assumer pour maintenir la plus grande accessibilité possible à l'enseignement supérieur, estime le ministre.

Si légère qu'elle soit, la diminution ne fera pas l'affaire des hauts dirigeants des établissements. Ils ont toujours plaidé pour l'imposition d'un rattrapage important pour la facture de ceux qui fréquentent les classes. L'Université Laval s'est refusé à commenter au Soleil la décision du ministre Duchesne.

Mécontentement

La baisse mécontentera quand même les associations défendant ceux qui suivent les cours. Le nouveau président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Antoine Genest-Grégoire, a décrié la formule retenue.

«Le ministre s'appuie sur un indice [du revenu] qu'il ne contrôle pas, a-t-il critiqué. Il s'en remet à la conjoncture. Que ce soit un peu plus ou un peu moins, cela ne change pas le fait que ça vient gruger dans la poche des étudiants.» En dépit du Sommet, le gel des droits de scolarité «reste quelque chose que nous réclamons», a insisté Antoine Genest-Grégoire.

La FEUQ et deux autres regroupements (la Fédération étudiante collégiale et la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante) ont paralysé les campus universitaires et collégiaux, surtout dans la région de Montréal, pendant le printemps «érable», en 2012.

Les leaders étudiants ont conduit d'incessantes manifestations contre le gouvernement de Jean Charest qui avait inscrit dans son budget une importante augmentation de droits de scolarité, 82 % sur cinq ans.

En prenant le pouvoir, Pauline Marois a dénoué la crise en promettant la tenue d'un Sommet sur l'enseignement supérieur et en annulant les hausses décidées par le gouvernement Charest, de même qu'une législation des libéraux sur le droit de manifester.

La décision de Pierre Duchesne survient pratiquement un an jour pour jour après une des émeutes qui ont le plus marqué le «printemps érable». Le 4 mai, protestataires, qui exigeaient que Jean Charest annule une hausse de 15 % des droits de scolarité, et policiers s'étaient affrontés à Victoriaville pendant que le Parti libéral du Québec y tenait son conseil général.

Hausses constantes

Les droits de scolarité de tous les étudiants s'élèvent à 2168 $ par année, en ce moment. Ils atteindront 2224 $, à l'automne. Si l'indice du revenu disponible demeure du même ordre de grandeur, les inscrits devront payer 2283 $ en 2014-2015, et 2344 $ en 2015-2016. Le plan du gouvernement libéral pour augmenter les droits de scolarité prévoyait que la note aurait été de 3468 $ pour cette dernière année.

Les étudiants étrangers et les étudiants canadiens non résidents du Québec payent les mêmes droits de scolarité. Mais s'ajoute un montant forfaitaire. Celui-ci est haussé de 2,67 % pour les premiers, mais de 8,68 % pour les seconds. Les inscrits provenant de l'étranger paieront au total entre 12 000 $ et 15 000 $. Les Canadiens, eux, 6234 $.

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