L'apprentissage des tables de multiplication repoussé en 5e année

En troisième année, l'enseignant n'oblige plus les élèves...

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En troisième année, l'enseignant n'oblige plus les élèves à apprendre leurs tables de multiplication par coeur mais explique plutôt à ses élèves, à l'aide de matériel et ensuite d'images, comment «se construisent» ces opérations.

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(Québec) Au primaire, en quelle année doit-on mémoriser ses tables de multiplication? Alors que vous les avez probablement apprises par coeur en troisième année, des élèves commencent maintenant à les mémoriser deux ans plus tard, en cinquième année.

Il s'agit d'une «nouvelle façon de faire» adoptée par la commission scolaire des Découvreurs et la commission scolaire des Navigateurs (CSDN), qui découle d'un document du ministère de l'Éducation intitulé Progression des apprentissages au primaire.

En troisième année, l'enseignant n'oblige plus les élèves à apprendre leurs tables de multiplication par coeur mais explique plutôt à ses élèves, à l'aide de matériel et ensuite d'images, comment «se construisent» les multiplications.

«On essaie de donner un sens aux apprentissages, en utilisant des façons plus concrètes pour que ce soit plus facile», explique Nicole Labrecque, directrice adjointe des services éducatifs à la CSDN, qui dessert la Rive-Sud de Québec.

Ainsi, les enfants commencent à apprendre les multiplications en manipulant des objets - réglettes, boutons ou pâtes alimentaires par exemple - et en utilisant des dessins par la suite. La mémorisation des tables de multiplication en cinquième année ne sera que plus facile, ajoute Mme Labrecque : «Si on prend l'image de la construction d'une maison, il est toujours préférable de s'assurer que les fondations soient solides avant de monter les murs.»

«Stratégies de dépannage»

Il s'agit aussi de donner des «stratégies de dépannage» à certains enfants qui n'arriveront jamais, de toute façon, à mémoriser leurs tables de multiplication, ajoute-t-elle.

À la CSDN, plus d'une soixantaine d'enseignants ont été formés à cette méthode d'enseignement depuis deux ans. «Ça se développe assez rapidement», ajoute Mme Labrecque, qui tient toutefois à préciser que rien n'empêche un élève d'apprendre par coeur ses tables de multiplication en troisième ou quatrième année. «La différence à retenir, c'est que cela n'est plus évalué avant la cinquième année», précise-t-elle.

Le rôle des parents

De son côté, le président du comité de parents de la CSDN, Jérôme Demers, ne semble pas préoccupé par ce changement. «On fait confiance à la commission scolaire pour la pédagogie», dit-il. M. Demers rappelle que les parents restent «les premiers intervenants auprès de leurs enfants» et qu'ils peuvent toujours leur faire mémoriser leurs tables de multiplication, s'ils le jugent nécessaire.

À la commission scolaire des Découvreurs, il n'a pas été possible de réaliser d'entrevues à ce sujet. La porte-parole Claire Savard s'est contentée d'indiquer qu'en troisième année, «l'apprentissage des multiplications est développé selon un processus personnel signifiant» pour l'élève alors que «l'approche plus conventionnelle» de la mémorisation est reprise en cinquième année.

Mais toutes les commissions scolaires n'interprètent pas les orientations du Ministère de la même façon. À la commission scolaire de la Capitale, les élèves commencent toujours à apprendre leurs tables de multiplication par coeur dès la troisième année, puisqu'il s'agit d'un apprentissage qui ne se fait pas du jour au lendemain, affirme la conseillère pédagogique Nicole Corbin. «Il faut commencer à installer la mémorisation au deuxième cycle [troisième et quatrième année] si on veut que les élèves aient une certaine aisance avec les tables en cinquième année», explique-t-elle.

Préparer pour l'algèbre

À la commission scolaire des Premières-Seigneuries, il n'y a pas d'orientations précises imposées par la commission scolaire. «Ça dépend de chaque milieu», indique le directeur des services éducatifs, Éric Leclerc.

De son côté, la présidente de l'Association mathématiques du Québec, France Caron, considère qu'on a intérêt à «comprendre» les tables de multiplication avant de les mémoriser. «Apprendre comment fonctionnent les multiplications prépare à l'algèbre», dit-elle.

Il ne s'agit toutefois pas d'une raison pour ne pas les apprendre par coeur, peu importe l'année du primaire, ajoute-t-elle. «La mémorisation permet de gagner du temps et d'être efficace.»

Jusqu'à 10 ou jusqu'à 12?

Selon le programme de mathématiques en vigueur, les enfants doivent «maîtriser l'ensemble des faits numériques de la multiplication» jusqu'à 10 X 10. Or dans les faits, il semble que bien des profs enseignent toujours les tables de multiplication jusqu'à 12, selon un petit sondage maison effectué par Le Soleil.

Cette «habitude culturelle» peut s'expliquer par le fait qu'au quotidien, les mesures impériales - en pouces et en pieds notamment - sont toujours utilisées malgré l'adoption du système métrique dans les années 70, avance Nicole Corbin, conseillère pédagogique à la commission scolaire de la Capitale.

Or il y a 30 ans, les programmes d'études en mathématiques prescrivaient plutôt l'apprentissage des tables de multiplication jusqu'à... neuf, au primaire.

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