L'anglais intensif en 6e année devient facultatif, annonce Malavoy

La ministre Marie Malavoy a jugé que cette... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

La ministre Marie Malavoy a jugé que cette approche de l'apprentissage de l'anglais langue seconde n'était pas réaliste, ni souhaitable.

Le Soleil, Patrice Laroche

Partager

(Québec) La ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, met un «frein important» à l'apprentissage de l'anglais intensif en sixième année. Les écoles qui veulent aller de l'avant pourront toujours le faire, mais sans y être obligées, a-t-elle annoncé jeudi.

En 2011, l'ancien gouvernement libéral avait décrété - «de façon assez autoritaire», selon Mme Malavoy - que tous les élèves de sixième année devraient suivre un programme d'anglais intensif d'ici 2015-2016. Or, cette cible «irréaliste» a soulevé «un certain nombre de problèmes», affirme la ministre, qui «lève cette exigence», tout en s'engageant à fournir aux écoles qui veulent offrir le programme l'argent et le matériel nécessaires.

«Ce n'est pas à moi, de Québec, de décider que pour tout le territoire, c'est du mur-à-mur. [...] Je pense que ça va faire baisser la pression dans les écoles», a-t-elle affirmé jeudi lors d'un point de presse.

Or, il s'agissait d'une pression «morale» puisque dans les faits, toute décision concernant la grille-matières relève déjà du conseil d'établissement de chaque école, et non du ministère, selon la Loi sur l'instruction publique.

Présentement, environ 12 % des écoles primaires offrent l'anglais intensif, selon les informations fournies par Mme Malavoy hier. Pour 2012-2013, une somme de 6,5 millions$ est prévue pour les écoles qui veulent offrir ce programme en sixième année, un «moyen reconnu efficace» qui consiste à consacrer la moitié de l'année scolaire à l'apprentissage de la langue de Shakespeare.

Comme Le Soleil le rapportait la semaine dernière, la ministre Malavoy vise maintenant comme objectif que les élèves doivent, à la fin du secondaire, être capables «de se faire comprendre facilement par un interlocuteur anglophone en s'exprimant avec aisance». Il est toutefois trop tôt pour savoir si ce nouvel objectif se traduira par des changements concrets au secondaire.

«Il peut y avoir toutes sortes de moyens [...]. S'il y a des ajustements à faire plus tard dans nos programmes, on les fera en temps et lieu, mais actuellement, je ne dispose pas de données pour changer quoi que ce soit», a-t-elle indiqué.

Afin de faire le bilan de l'enseignement de l'anglais intensif, la ministre Malavoy confie à l'École nationale d'administration publique (ENAP) le mandat de réaliser une étude sur le sujet, qui est attendu pour l'automne.

Accueil favorable

Cette annonce concernant l'anglais intensif a été relativement bien accueillie dans le milieu de l'éducation. La Fédération des commissions scolaires est «confortable avec cette décision». «Le mur-à-mur n'était pas possible», affirme sa présidente, Josée Bouchard.

Même son de cloche de la part de la Fédération des comités de parents, qui se réjouit aussi de cette décision. «Ça correspond à ce qu'on demandait» affirme son président Gaston Rioux, qui considère qu'il faut respecter la volonté de chaque conseil d'établissement, auquel siègent des parents.

Les seuls bémols proviennent de la Fédération des syndicats de l'enseignement, qui aurait préféré que la ministre freine complètement l'implantation de l'anglais intensif avant de connaître l'impact réel de ce programme sur les autres matières. «On encourage quand même les écoles à aller de l'avant», déplore sa présidente, Manon Bernard.

De son côté, le Parti libéral considère que cette décision est «clairement un abandon des parents et des enfants du Québec au profit des radicaux du Parti québécois». La Coalition avenir Québec a quant à elle salué cette annonce, tout en dénonçant les propos «ambivalents» de la ministre Malavoy, qui a affirmé vouloir mettre un frein au programme sans toutefois empêcher les écoles qui le veulent d'aller de l'avant.

*****

Pertinent, la langue seconde au début du primaire?

La ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, remet aussi en question «la pertinence» de maintenir l'enseignement de l'anglais en première et deuxième année, une mesure introduite par le gouvernement Charest en 2006. Le Parti québécois a toujours critiqué cette décision, considérant qu'il est préférable de se concentrer uniquement sur l'apprentissage du français au début du primaire. Mais la ministre Malavoy veut avoir l'heure juste avant de prendre une décision à ce sujet, c'est pourquoi elle a demandé à l'École nationale d'administration publique de faire le bilan de l'enseignement de l'anglais dès la première année et de son effet sur les autres matières.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer