Sommet sur l'enseignement: «On peut tourner la page», estime Marois

La première ministre Pauline Marois... (La Presse Canadienne)

Agrandir

La première ministre Pauline Marois

La Presse Canadienne

Partager

(Montréal) Le Sommet sur l'enseignement supérieur s'est conclu mardi sans départ fracassant, mais sans qu'on parvienne non plus au consensus tant espéré sur les droits de scolarité, qui seront indexés dès cet automne. Malgré les désaccords, la première ministre Pauline Marois estime que les «divisions» engendrées par la crise étudiante appartiennent désormais au passé.

«Maintenant, on peut tourner la page», a affirmé la première ministre lors de la clôture de l'évènement mardi midi, à Montréal. Mais en fin d'après-midi, des étudiants ont voulu lui envoyer un autre message lors d'une manifestation qui a tourné à la confrontation.

Sur l'épineuse question des droits de scolarité, Pauline Marois a reconnu mardi qu'un «fossé existe». «Dans le cas où le consensus est inatteignable, le gouvernement a une responsabilité, celle de trancher. C'est ce que nous avons décidé de faire», a affirmé Mme Marois.

L'indexation de 3 % la facture étudiante - soit une augmentation d'environ 70 $ par année - est une décision «raisonnable et juste» pour les étudiants, mais aussi pour les Québécois, a plaidé Mme Marois lors de la clôture de l'évènement. Il s'agit d'une décision qui permet «d'assurer l'accessibilité, de limiter l'endettement étudiant et de respecter la capacité de payer» des contribuables, a-t-elle plaidé, tout en soulignant que «le dialogue a repris».

Malgré leur désaccord sur l'indexation sur les droits de scolarité, les fédérations étudiantes n'ont pas claqué la porte. À la clôture du Sommet, la présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), Martine Desjardins, a toutefois catégoriquement refusé de se faire photographier aux côtés de la première ministre, une scène filmée par les caméras de Radio-Canada.

Seule concession faite aux étudiants pendant ce Sommet, le gouvernement accepte que la question des frais afférents soit étudiée dans le cadre d'un chantier de travail qui portera sur le financement des universités.

La Fédération étudiante universitaire (FEUQ) s'oppose à l'indexation des frais afférents, qui varie de 476 $ à 1352 $ par année, selon les établissements. Ces frais ne sont qu'une «aberration» mise en place pour «contourner le gel des droits de scolarité» au milieu des années 90, affirme sa présidente, Martine Desjardins.

Mais rien n'est gagné pour les étudiants puisque les recteurs auront aussi leur mot à dire sur le sujet. Entre-temps, l'indexation des frais afférents entrera en vigueur dès cet automne, a précisé la première ministre.

Des chantiers

Les frais afférents sont loin d'être le seul sujet qui fera l'objet d'un «chantier» au cours des prochains mois. Au total, le gouvernement a lancé cinq groupes de travail, dont les conclusions seront dévoilées d'ici la prochaine année, au plus tard.

Pauline Marois s'est bien défendue de «pelleter en avant» certaines décisions plus difficiles. «On partait de loin, on va prendre le temps de bien travailler», a-t-elle affirmé.

Un premier chantier servira à définir comment seront investis les 25 millions $ supplémentaires promis pour bonifier le régime des prêts et bourses. Un deuxième, plus complexe, permettra de réviser la formule de financement des universités. Parallèlement, le gouvernement signera des «contrats de performance» avec chacune des universités. Ces ententes permettront de déterminer comment l'argent neuf promis par Québec sera réinvesti afin de répondre à des objectifs liés à la qualité de l'enseignement ou au taux de diplomation.

Sur la question du financement, Mme Marois considère d'ailleurs que les universités «ne sont pas sous-financées mais qu'elles pourraient l'être mieux» alors que les recteurs réclament toujours un financement additionnel. «Le patient est loin d'être en forme, je vous le garantis», a lancé mardi le recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton.

Le gouvernement va aussi de l'avant avec la création d'un Conseil national des universités, dont le mandat et la structure seront aussi définis par un groupe de travail.

Un autre chantier permettra d'apporter des modifications aux processus de reddition de comptes des universités et de définir une «loi-cadre» pour le réseau universitaire.

Finalement, un dernier groupe de travail se penchera sur les améliorations aux programmes offerts dans les cégeps, afin qu'ils répondent mieux aux besoins de leurs régions.

Aucun engagement formel n'a toutefois été pris concernant le droit de grève des étudiants, au grand dam des recteurs et des directeurs de cégep.

Mardi matin, Louise Roy, la représentante des présidents des conseils d'administration des universités, a de nouveau demandé au gouvernement de «clarifier la situation». «On ne peut pas se permettre de revivre la même situation» que l'an dernier, a-t-elle déclaré.

De son côté, la première ministre Pauline Marois a reconnu qu'il fallait «éventuellement» se pencher sur la question, tout en affirmant que «les gens ne souhaitaient pas en débattre dans le cadre du Sommet».

Droits de scolarité: le scénario adopté

Le gouvernement Marois va de l'avant avec l'indexation basée sur le revenu disponible des familles. Ce scénario correspond en moyenne à une augmentation de 3%, ce qui représente environ 70$ de plus par année.

La part du financement universitaire provenant des droits de scolarité demeurera relativement stable, passant de 13% en 2011-2012 à 12,8% en 2018-2019.

Les frais afférents (autres frais reliés à la vie étudiante) seront aussi indexés cet automne. Ces frais, qui varient d'une université à l'autre, s'élèvent en moyenne à 807$ par année, ce qui représente une hausse de 24$.

Un étudiant déboursera donc, en moyenne, 282$ de plus pour un baccalauréat de trois ans cet automne, en considérant l'indexation des droits de scolarité et des frais afférents.

En parallèle, le régime de prêts et bourses sera bonifié de 25 millions $.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer