«Première génération»: un concept complexe

Le ministre Pierre Duchesne est un diplômé de... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Le ministre Pierre Duchesne est un diplômé de «première génération», c'est-à-dire que ses parents n'ont pas fréquenté l'université. Il en est fier et raconte régulièrement à quel point son diplôme a été une source de fierté pour sa famille.

Le Soleil, Steve Deschênes

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(Québec) Le ministre Pierre Duchesne est un diplômé de «première génération», c'est-à-dire que ses parents n'ont pas fréquenté l'université. Il en est fier et raconte régulièrement à quel point son diplôme a été une source de fierté pour sa famille. Jeudi, il a confirmé son intention de privilégier les étudiants de première génération dans l'aide gouvernementale. Est-ce possible?

Après vérification chez les recteurs et les professeurs, c'est beaucoup plus complexe qu'on pourrait le croire au premier abord. Le réseau de l'Université du Québec en région a plus d'étudiants de première génération que les grandes universités montréalaises. Mais à l'Université de Montréal, par exemple, la moitié des étudiants tombent également dans cette catégorie. De plus, les universités montréalaises ont beaucoup plus d'étudiants issus de l'immigration dont beaucoup de parents n'ont pas de formation universitaire. Il serait donc injuste de favoriser les universités établies en région parce que le ratio de première génération y est plus élevé.

Qui plus est, la notion de famille n'est plus la même depuis longtemps. Dans quelle catégorie faudrait-il placer les enfants de familles reconstituées qui ont un beau-père ou une belle-mère diplômés, mais dont les parents naturels ne le sont pas?

Le recteur de l'UQAM, Robert Proulx, rappelle que le concept de première génération a d'abord été utilisé aux États-Unis. Il visait des populations ou des catégories de personnes, comme les femmes, les Noirs ou les hispaniques, qui ne connaissaient pas bien l'université. M. Proulx estime qu'il sera difficile de définir précisément quels étudiants tomberaient dans cette catégorie. «Qu'est-ce qu'on fait, demande-t-il, des jeunes dont les parents ne sont pas allés à l'université, mais dont les grands-parents sont des diplômés?» Selon lui, il faudrait travailler davantage à la valorisation des études universitaires.

Le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, dénonce également cette intention gouvernementale qui tomberait dans la discrimination. «Est-ce qu'on va favoriser les étudiants aux yeux bleus?» a-t-il lancé vendredi matin sur les ondes de Radio-Canada. Le recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton, estime que le ministre fait fausse route et que c'est bien davantage les étudiants qui ont des troubles d'apprentissage et qui ont besoin de plus de soutien qu'il faut aider. M. Breton estime de plus que l'effort principal doit viser à donner une chance égale à tous d'aller à l'université. Il signale par exemple que le jeune qui vient des régions éloignées doit avoir plus de soutien que celui qui habite en ville chez ses parents. Mais quelle que soit la formule adoptée par le ministre, conclut M. Breton, l'argent doit aller aux étudiants et non pas aux institutions.

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