Université: Duchesne veut plus d'étudiants de première génération

Pierre Duchesne promet des décisions concrètes dès la... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Pierre Duchesne promet des décisions concrètes dès la fin du Sommet et se dit toujours persuadé d'arriver à des consensus.

Le Soleil, Steve Deschênes

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(Québec) Pour le ministre Pierre Duchesne, l'augmentation du taux de diplomation universitaire passe par les étudiants de première génération. Pour y arriver, il veut accorder plus d'argent aux universités qui accueillent davantage ce type d'étudiants. Une mesure qui est toutefois loin de faire l'unanimité parmi les recteurs, à quelques jours de la tenue du Sommet sur l'enseignement supérieur.

Pour Pierre Duchesne, «l'objectif fondamental» lorsqu'on parle de l'avenir du réseau universitaire québécois est d'y attirer davantage d'étudiants, afin d'augmenter le nombre de diplômés, a-t-il affirmé jeudi lors d'une entrevue accordée au Soleil. Mais encore faut-il se demander «quels genres de jeunes» on veut y retrouver, ajoute-t-il.

«Il y a une classe qui est surreprésentée dans les universités, les classes plus aisées. On veut comme société être capable d'aller chercher les gens de tous les milieux. Parce que le talent et l'intelligence, ça ne vient pas avec le porte-monnaie», affirme M. Duchesne.

La formule de financement des universités - présentement basée uniquement sur le nombre d'étudiants - doit être ajustée en conséquence, selon lui.

«Il y a un joyau qui est lié à notre réseau universitaire, ce sont nos institutions qui sont déployées sur notre territoire et on a un grand territoire au Québec. [...] Il permet d'aller chercher des diplômés de première génération», donc des étudiants dont les parents n'ont pas fréquenté l'université. «L'accessibilité, c'est ça!» a lancé M. Duchesne à quelques reprises.

Les universités qui attirent davantage d'étudiants de première génération pourraient donc obtenir plus d'argent. Le réseau de l'Université du Québec en accueille 65 % - un chiffre qui dépasse même 70 % en Abitibi, à Chicoutimi et à Rimouski - alors qu'il atteint seulement 20 % à l'Université McGill.

Mais une telle proposition divise déjà les recteurs. Sans surprise, le réseau de l'Université du Québec y est favorable. «Si ça peut inciter des universités à faire plus d'efforts pour aller chercher ces étudiants, ça peut être une piste intéressante», a déclaré Sylvie Beauchamp, présidente de l'Université du Québec, tout en soulignant que son réseau n'a jamais réclamé un tel financement additionnel.

Du côté de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), on se questionne plutôt sur la pertinence d'une telle mesure. «Est-ce que ça va faire en sorte qu'on ait vraiment plus d'étudiants de première génération? Une fois à l'université, ces étudiants ne demandent pas plus de travail que les autres», affirme Luce Samoisette, présidente de la CREPUQ et rectrice de l'Université de Sherbrooke.

Besoins particuliers

Selon Mme Samoisette, la priorité est plutôt de venir en aide aux étudiants qui éprouvent des besoins particuliers. Depuis quelques années, le nombre d'étudiants avec des problèmes d'apprentissage a considérablement augmenté dans les cégeps et universités. «Les besoins que nous avons sont beaucoup plus là», dit-elle.

Cette mesure pourrait faire partie des propositions qui seront «mises au jeu» par le gouvernement lors de la tenue du Sommet sur l'enseignement supérieur, qui se déroulera lundi et mardi à Montréal.

Le gouvernement Marois proposera un scénario d'indexation, parmi les trois à l'étude jusqu'à maintenant. «La population reçoit assez bien l'idée d'indexation en passant», souligne le ministre Duchesne. «La population ne regarde pas que moi, les gens regardent aussi tous les autres partenaires», a-t-il tenu à ajouter.

Aucune proposition touchant aux frais afférents ne sera présentée par le gouvernement, mais il sera possible pour les participants d'en discuter, a indiqué M. Duchesne. Même scénario pour la modulation des droits de scolarité par discipline ou universités.

Le ministre promet des décisions concrètes dès la fin du Sommet et se dit toujours persuadé d'arriver à des consensus. Après tout, personne n'a intérêt à faire perdurer la crise du printemps dernier, rappelle-t-il.

«Qui a avantage à ce que ça ne se fonctionne pas? [...] Les recteurs, ça va faciliter leur gestion des établissements? Les associations étudiantes, après la longue crise de l'année dernière? Les professeurs, qui veulent avant tout être capables d'enseigner et de faire de la recherche? Les milieux économiques, toujours à la recherche d'une stabilité? La société civile? [...] La pression sur le réseau universitaire ne peut pas se maintenir comme ça continuellement. Il faut passer à autre chose.»

Bonification de l'aide financière

Dans le document dévoilé jeudi en vue du Sommet, le gouvernement Marois ouvre clairement la porte à une bonification de l'aide financière aux études. «Dans la mesure où on parle d'indexation et qu'on ne veut pas augmenter l'endettement étudiant, il faut qu'il y ait une souplesse sur d'autres mesures à côté», a affirmé le ministre Duchesne, qui assure avoir la marge de manoeuvre financière nécessaire pour apporter des améliorations au régime de prêts et bourses, comme le réclament les étudiants. «On va s'assurer qu'il y ait un espace pour le dialogue et pour négocier», dit-il.

Création d'un organisme indépendant

Le Conseil national des universités, l'organisme consultatif que le gouvernement Marois propose de créer, vise à s'assurer que les universités travaillent «dans un esprit de collaboration plutôt que de concurrence», a indiqué Pierre Duchesne. Ce conseil aura pour mandat de conseiller le ministre, et non les universités, «sur les aspects liés au développement futur» du réseau universitaire, a-t-il indiqué. Le gouvernement écarte ainsi une des revendications de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), qui réclame un organisme coercitif pour encadrer la gestion des établissements.

Silence sur la démobilisation à l'ASSE

Le ministre Pierre Duchesne s'est montré prudent jeudi concernant les difficultés de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) à mobiliser ses membres. Deux des cégeps les plus militants de la province ont refusé d'être en grève lors de la tenue du Sommet sur l'enseignement supérieur. Même décision du côté des étudiants de deuxième cycle de l'Université Laval. «Je laisse les étudiants faire leur réflexion, tenir leur débat [...] Je vois là beaucoup d'associations étudiantes qui sont présentes à la table et qui ne sont pas dans une approche conditionnelle et je trouve qu'il y a un grand changement», affirme le ministre.

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