Tableaux blancs interactifs: des retards et des mécontents

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La ministre de l'Éducation, Marie Malavoy

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(Québec) Alors que le gouvernement Marois remet en question la pertinence de doter toutes les classes du Québec de tableaux blancs interactifs, des commissions scolaires dénoncent à nouveau le processus d'appel d'offres entourant ce programme. Résultat : les retards s'accumulent et des tableaux prévus pour cette année se font toujours attendre.

En février 2011, le gouvernement Charest avait annoncé l'achat de tableaux blancs interactifs pour toutes les classes du Québec d'ici cinq ans. Coût de la mesure : 240 millions $.

Or le premier appel d'offres s'est attiré les critiques de plusieurs commissions scolaires, si bien que le processus a été repris à zéro il y a quelques mois, avec la publication d'un deuxième appel d'offres. Ce qui n'a pas nécessairement permis d'apaiser la grogne.

«Récemment, certains directeurs généraux des commissions scolaires ont effectivement fait état de critiques relativement aux appels d'offres du Centre de services partagés du Québec (CSPQ) portant sur les tableaux numériques», reconnaît Esther Chouinard, porte-parole au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).

Le mécontentement est particulièrement grand à la commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles, au nord de Montréal. Dans une lettre envoyée au MELS à la mi-janvier dont Le Soleil a obtenu copie, le directeur général Jean-François Lachance dénonce «la qualité du travail du CSPQ».

Pour avoir accès au financement provenant du Ministère, les commissions scolaires doivent passer par le CSPQ, qui gère le regroupement d'achat et détermine quels types d'équipement sont admissibles, parmi la longue liste de produits disponibles sur le marché.

À la suite de l'appel d'offres, certains équipements se sont qualifiés même s'ils ont été jugés non conformes par le comité technique du CSPQ, peut-on lire dans la missive envoyée par M. Lachance. C'est le cas des produits Panasonic, «qui sont pratiquement inconnus du réseau des commissions scolaires», écrit-il. Or selon le service du contentieux du CSPQ, ces produits ne peuvent plus être retirés de la courte liste des équipements approuvés, puisque ce retrait aurait dû se faire avant la publication de cette liste.

«Toute cette situation est des plus déplorables et fait en sorte que nous n'avons plus confiance dans le processus tel que vécu par le CSPQ, écrit M. Lachance. Il nous est nécessaire de prendre la décision de ne pas effectuer nos commandes de TNI [tableaux numériques interactifs]. Dans l'état actuel du dossier, nous aurions l'obligation d'acheter du matériel non conforme.»

M. Lachance a refusé de répondre à nos questions, affirmant que ses propos avaient été clairement exprimés dans cette lettre.

«Très grande déception»

Dans la région de Québec, le mécontentement est aussi palpable à la commission scolaire des Découvreurs. Aucun des produits avec lesquels les enseignants travaillent déjà n'a été retenu à la suite de l'appel d'offres, explique Josée Cloutier, directrice adjointe du Service des technologies. «C'est une très grande déception. Les gens sont habitués de travailler avec certains produits mais puisqu'ils ne sont pas dans la liste cette année, il faut recommencer à zéro. On va être prudent et on va en acheter quelques-uns seulement pour voir d'abord comment ça marche.»

La commande sera passée au cours des prochaines semaines. «Si c'est installé à la fin mai ou au début juin, on va être très chanceux», lance Mme Cloutier, tout en admettant qu'il faudra probablement attendre à la rentrée avant que ces tableaux, d'abord prévus pour l'année scolaire en cours, ne soient réellement utilisés.

À la commission scolaire des Premières-Seigneuries, le secrétaire général Jean-François Parent affirme que des nouveaux tableaux devraient être installés dans les classes pour la rentrée scolaire.

À la commission scolaire de la Capitale, on indique que «le processus va bon train» mais il a été impossible d'en apprendre davantage au cours des derniers jours.

Sur la Rive-Sud, la commission scolaire des Navigateurs a déjà commandé 157 tableaux supplémentaires pour cette année et certains sont en fonction puisque la commande a été effectuée en deux phases.

De son côté, le ministère de l'Éducation indique qu'un bilan de l'opération d'appel d'offres est en cours avec les représentants du CSPQ. «La ministre [de l'Éducation, Marie Malavoy] fera connaître ses intentions par la suite à la lumière de ce bilan», a précisé Esther Chouinard.

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