Le bilinguisme gagne du terrain dans le ROC

L'accroissement des classes d'immersion en français est un...

Agrandir

L'accroissement des classes d'immersion en français est un effet imprévu de la Loi sur les langues officielles adoptée sous Pierre Elliott Trudeau. Critiquée au Canada anglais parce qu'elle favorisait les francophones bilingues, elle a, avec le temps, convaincu de nombreux anglophones de l'importance du bilinguisme pour l'avenir de leurs enfants.

Partager

(Québec) Pendant que le Québec tergiverse sur l'enseignement de l'anglais au primaire, le Canada hors Québec est en train de se donner une élite bilingue.

Pendant que le Québec tergiverse sur l'enseignement de... (Infographie Le Soleil) - image 1.0

Agrandir

Infographie Le Soleil

Les inscriptions dans les classes d'immersion française ont augmenté de 12 % à l'extérieur du Québec depuis 2006. En tout et pour tout, 342 529 élèves du primaire et du secondaire se sont inscrits dans des classes d'immersion française au cours de l'année scolaire 2010-2011. Ils n'étaient que 45 000 en 1977.

La tendance à la hausse a été particulièrement importante au cours des dernières années et elle se confirme dans toutes les provinces canadiennes, exception faite du Nouveau-Brunswick, dont le gouvernement a provoqué un tollé, en 2008, en tentant de mettre fin aux classes d'immersion.

Que doit faire le Québec dans ce contexte où de plus en plus d'anglophones auront une connaissance suffisante du français pour travailler dans les deux langues, faire de la politique et des affaires dans les deux langues et représenter la dualité linguistique canadienne à l'étranger?

La question de l'apprentissage de l'anglais a fait l'objet de nombreux débats au Québec au cours des dernières années. Le gouvernement Charest avait opté pour l'enseignement de l'anglais en première et en deuxième année du primaire et pour la mise en place d'un programme intensif en sixième année dès 2015. Ce programme intensif est déjà en place dans certaines écoles du Québec, et les parents en redemandent.

Le programme du Parti québécois propose encore de favoriser l'apprentissage intensif de l'anglais langue seconde «au moment le plus efficace à la fin du primaire ou du secondaire», mais le parti n'a pas repris cette intention dans sa plateforme électorale. En octobre, la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, a annoncé qu'elle envisageait d'abolir l'enseignement obligatoire au début du primaire et à reporter l'enseignement intensif en sixième année. Cette semaine, son bureau a fait savoir au Soleil qu'elle rendrait sa décision au cours des prochaines semaines.

À Ottawa, le directeur général de l'association Canadian Parents for French, Robert Rothon, reconnaît que le bilinguisme est perçu comme un premier pas vers l'assimilation en milieu minoritaire, mais il insiste sur l'importance de ce qui se passe dans les autres provinces. «On est peut-être moins francophone qu'on l'était [dans le sens pure laine], mais le français est plus répandu qu'il ne l'était.»

Un réseau national

Fondée à Ottawa en 1977 par des parents anglophones qui tenaient à ce que leurs enfants puissent devenir bilingues, l'association Canadian Parents for French est devenue un réseau national composé de 10 bureaux dans les provinces et les territoires. Au cours des dernières années, on a constaté l'arrivée dans les classes d'immersion des enfants de parents qui constituaient la première génération à fréquenter ces classes. Selon M. Rothon, ces enfants de la deuxième génération vivent dans un milieu linguistique bien particulier, dans le sens qu'ils retrouvent à la maison des parents qui sont capables de communiquer avec eux en français. Un phénomène qui contribue à la rétention et à l'amélioration de leur français.

Cette croissance de l'apprentissage du français chez les jeunes anglophones a d'autres conséquences. Selon Jocelyne Lalonde, de l'Association des universités de la francophonie canadienne, la clientèle de ces institutions est composée dans certains cas, de 50 % de jeunes issus de l'immersion. L'association regroupe 14 universités francophones ou bilingues présentes dans sept provinces, soit le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l'Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l'Alberta et la Colombie-Britannique.

Selon Robert Rothon, l'accroissement des classes d'immersion est un effet imprévu de la Loi sur les langues officielles adoptée sous Pierre Elliott Trudeau. Cette loi visait d'abord à permettre aux francophones et aux anglophones d'obtenir les services du gouvernement fédéral et d'y travailler dans leur langue maternelle. Elle a été souvent critiquée au Canada anglais parce qu'elle favorisait les francophones bilingues dans l'octroi des postes au gouvernement fédéral. Mais, avec le temps, elle a convaincu de nombreux anglophones de l'importance du bilinguisme pour l'avenir de leurs enfants.

L'avenir du français, dit M. Rothon, qui passait autrefois par la survie des «communautés francophones», a pris une autre dimension. «On parle maintenant d'un espace francophone.» Selon lui, l'évolution technologique des communications fait qu'on «ne peut plus maintenir son identité culturelle et linguistique de la même façon». Et, surtout, dit-il, «on ne peut pas légiférer contre la réalité qui évolue».

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer