Sommet sur l'enseignement : des profs de cégep se joignent à la grogne

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La manifestation a été organisée pour protester contre la décision du ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, d'écarter la gratuité scolaire des discussions lors du Sommet, a expliqué un peu plus tôt dans la journée Élizabeth Roy, déléguée aux communications de l'association des étudiants du Cégep de Rimouski

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(Rimouski) La grogne entourant le Sommet sur l'enseignement supérieur s'amplifie. Le quatrième forum préparatoire en vue de l'évènement s'est ouvert jeudi soir à Rimouski sur fond de manifestations étudiantes bruyantes qui ont perturbé le début de la rencontre. Mais il n'y a pas que les étudiants qui sont mécontents. Les professeurs de cégep pourraient eux aussi boycotter le Sommet, prévu les 25 et 26 février à Montréal.

Après avoir tenté à quelques reprises d'entrer dans la salle où se déroulait la rencontre, une soixantaine d'étudiants venant du cégep et de l'université de Rimouski ont bruyamment fait entendre leur mécontentement en frappant sur les portes extérieures. Le tapage était si fort qu'il a perturbé le début de la rencontre pendant une bonne demi-heure, forçant les invités à interrompre leur discours à quelques reprises. La police est finalement intervenue pour disperser les étudiants.

La manifestation a été organisée pour protester contre la décision du ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, d'écarter la gratuité scolaire des discussions lors du Sommet, a expliqué un peu plus tôt dans la journée Élizabeth Roy, déléguée aux communications de l'association des étudiants du Cégep de Rimouski, qui n'est membre d'aucune fédération étudiante nationale.

Or, à la grogne étudiante, déjà présente depuis quelques semaines, s'ajoute celle des professeurs de cégep, aussi en colère contre le ministre Duchesne.

Les membres de la Fédération nationale des enseignants (FNEEQ-CSN), qui représente 85 % des professeurs de cégep, sont furieux contre Québec qui a décidé de ne pas respecter l'entente conclue avec le précédent gouvernement.

En août, l'ancienne présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, avait accepté de verser 31 millions $ aux 14 cégeps touchés par la grève étudiante pour les coûts engendrés par la reprise de la session à l'automne. Or, le gouvernement Marois a décidé de verser seulement la moitié de la somme promise.

Participation compromise

«Nos membres sont très en colère, affirme Caroline Senneville, présidente de la FNEEQ. Comment aller s'asseoir avec confiance avec des gens qui ne respectent pas une entente? On verra. Les gens sont tellement en colère que ça donne moins le goût d'y aller [au Sommet].»

La participation de la FNEEQ à ce Sommet sera discutée lors d'une rencontre prévue les 7 et 8 février. Le Syndicat des professeurs du cégep de Saint-Laurent proposera aux autres membres de ne pas participer à l'évènement.

De son côté, Mme Senneville espère qu'une entente pourra être conclue d'ici là. Mais du même souffle, elle laisse entendre que la Fédération pourrait bien ne pas y être si le gouvernement maintient sa décision.

Compressions en recherche

À ce portrait déjà tendu, il faut ajouter le mécontentement entourant les compressions dans la recherche en santé, qui étaient aussi à l'ordre du jour jeudi alors que la rencontre porte justement sur le thème de la recherche universitaire.

Mercredi, une campagne-choc a été lancée par les 18 centres de recherche en santé pour dénoncer les compressions de 10 millions $ dans le Fonds de recherche Québec-Santé.

Ces coupes auront un impact «à long terme» sur la santé des citoyens, a reconnu jeudi le ministre de la Santé, Réjean Hébert.

De son côté, le ministre Duchesne a plutôt tenté de minimiser l'impact des compressions, tout en reprochant à la campagne lancée par les chercheurs de manquer d'éthique. La campagne s'intitule «Je suis Michèle» et donne la parole à une femme de 52 ans qui est atteinte du cancer de l'ovaire pour qui la recherche représente son seul espoir.

«Qu'il y a des gens qui fassent un combat politique pour avoir plus d'argent, je peux comprendre. Mais soyons prudents pour ne pas instrumentaliser la détresse de certaines personnes, de gens qui sont souvent dans une situation de vulnérabilité», a affirmé le ministre.

Selon M. Duchesne, 560 millions $ sont investis dans la recherche en santé au Québec si on tient compte de toutes les sources de financement, si bien que les coupes ne représentent que 1,8 % de ce total.

Rien pour convaincre les chercheurs qui étaient présents jeudi. «J'espère que le Conseil du trésor va entendre raison», a lancé Geneviève Tanguay, vice-rectrice à la recherche à l'Université de Montréal. 

Avec La Presse Canadienne

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