Financement des universités: Pierre Duchesne ouvre son jeu

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Le ministre Pierre Duchesne rejette plus que jamais la notion de gratuité scolaire à court terme tout en ouvrant officiellement la porte à la suggestion étudiante d'un chien de garde indépendant des universités.

Le Soleil, Steve Deschênes

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(Québec) Prudent à l'approche de son Sommet, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, ouvre tranquillement son jeu. Le péquiste rejette plus que jamais la notion de gratuité scolaire à court terme tout en ouvrant officiellement la porte à la suggestion étudiante d'un chien de garde indépendant des universités.

Le ministre Duchesne dit considérer le fruit des réflexions des étudiants et des chercheurs universitaires. «Le concept d'une charte nationale de l'éducation ou des universités, et on parle d'un organisme indépendant qui veillerait à surveiller un peu le déploiement des universités», a précisé Pierre Duchesne dimanche, en marge de l'École d'hiver de l'Institut du Nouveau Monde à l'Université Laval.

L'élu responsable des universités québécoises s'est aussi montré intéressé à une proposition «originale» du professeur de l'Université de Sherbrooke Luc Godbout, soit celle de mettre en place un tout nouveau régime d'épargnes-études pour tous les enfants du Québec.

Pierre Duchesne reprend aussi à son compte une des récriminations des étudiants, soit le financement des universités en fonction des inscriptions. «On se questionne même sur le mode de financement : est-ce qu'il faut continuer de financer les universités par tête de pipe, par nombre d'étudiants?» a soutenu le ministre.

Il y a toutefois un dossier où le ministre est loin de partager le point de vue de certains étudiants : la gratuité scolaire. «La gratuité peut être vue comme un idéal, à long terme. Mais il est clair qu'à court terme, avec le contexte qu'on connaît - il est pas juste économique, il est social, avec toutes les responsabilités de l'État et de la société québécoise -, il faut être capable de se dire qu'il faut peut-être aller vers un type de collaboration des étudiants au financement de leurs études, mais qu'il soit stable», a détaillé Pierre Duchesne.

Le député de Borduas a rappelé le préjugé favorable de son gouvernement à l'indexation des droits de scolarité, sans toutefois faire son nid personnel. «Qu'on ne se retrouve plus avec des crises, des grèves, à tous les 5 ou 10 ans, parce qu'on a fait un gel, une indexation, on a refait un gel et tout», a plaidé Pierre Duchesne. «Il faut être capable d'avoir une façon d'amener les étudiants à contribuer de façon plus stable.»

Peu importe le dénouement du Sommet, le ministre de l'Enseignement supérieur annonce déjà quel sera son critère pour arbitrer le débat. «Moi, mon idéal, c'est augmenter de façon importante le nombre de diplômés de première génération», annonce-t-il en faisant allusion aux étudiants provenant de familles n'ayant jamais fréquenté l'université. «Et on va prendre quelques réformes après le Sommet pour atteindre cet objectif-là.»

Un pas devant, dit la FEUQ

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) est ravie de voir le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, évoquer la mise en place d'une commission d'évaluation des universités.

«On est contents de voir que le ministre reprend cet élément-là, qui est porté par la jeunesse. Maintenant, il faudra voir les mandats; c'est toujours dans les détails que le diable se trouve. Il faut voir comment on va aboutir à une commission qui est un peu plus mordante que ce qu'on avait vu dans les propositions de l'ancien gouvernement», a réagi la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins.

Devant le souhait du ministre d'augmenter les diplômés de première génération, la Fédération étudiante collégiale du Québec rappelle au ministre Duchesne les dangers de l'indexation des droits de scolarité.

«Ce qu'on voit en premier, quand on s'inscrit à l'université, c'est le montant qu'on va devoir payer pour nos cours. Il ne faut pas oublier que la facture étudiante comme telle joue un impact extrêmement important sur la décision d'un étudiant de poursuivre ses études ou pas», rétorque la présidente Éliane Laberge.

Avec La Presse Canadienne

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