Deux étudiants veulent casser le monopole d'association

Laurent Proulx, le premier étudiant, durant le conflit... (Photothèque Le Soleil)

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Laurent Proulx, le premier étudiant, durant le conflit du printemps dernier, à avoir obtenu une injonction du tribunal afin de pouvoir accès à ses cours, malgré le débrayage

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(Québec) Deux étudiants de l'Université Laval veulent faire cesser l'adhésion automatique aux associations étudiantes des cégeps et des universités et ainsi briser le monopole de représentation. Miguael Bergeron et Laurent Proulx ont déposé une requête en ce sens en Cour supérieure, mercredi matin, au palais de justice de Québec.

«Présentement au Québec, depuis 40 ans, la Loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves ou d'étudiants [LAFAE], lorsque vous entrez dans un cégep ou une université, vous n'avez pas le choix d'être membre d'une association et vous n'avez pas le choix de cotiser à une association. Sinon, vous n'êtes pas considérés inscrits», avance Miguael Bergeron, associé à la Fondation 1625. Il était accompagné de Laurent Proulx, le premier étudiant, durant le conflit du printemps dernier, à avoir obtenu une injonction du tribunal afin de pouvoir accéder à ses cours, malgré le débrayage.

«Il n'y a pas moyen d'avoir d'autres associations. Il y a un monopole de représentation. Nous, notre prétention, c'est que ça viole nos droits, les droits de l'homme, comme ç'a été reconnu dans plusieurs pays [...]. Notre but en déposant cette requête, c'est de faire abroger plusieurs articles de la LAFAE», souligne Miguael Bergeron, qui vient tout juste de commencer des études en administration à l'Université Laval.

Dans leur requête d'une quinzaine de pages, les deux étudiants soutiennent qu'«en déterminant que les hausses des frais de scolarité annoncées par le gouvernement justifiaient d'imposer un boycott des cours à tous les étudiants incluant ceux qui pouvaient être en accord avec la hausse desdits frais, plusieurs associations se sont engagées dans un mouvement à saveur politique et ont cessé de promouvoir les intérêts d'une proportion importante de leurs membres». Miguael Bergeron estime qu'il devrait y avoir plus d'espace pour les opinions différentes. «Comme nous avons vu au printemps dernier, les étudiants du Québec, ce n'est pas un consensus. Ce n'est pas seulement une façon de penser, une idéologie. Il y a plusieurs idéologies et la Fondation 1625, nous croyons que nous devons défendre ça.» Cette fondation regroupe les carrés verts qui souhaitent intenter un recours collectif pour être dédommagés à la suite du conflit étudiant.

Le recours de cette requête pour faire cesser l'adhésion automatique aux associations étudiantes sera entendu ultérieurement.

La cotisation n'est pas obligatoire, réplique la CADEUL

À l'Université Laval, l'association qui représente les étudiants de premier cycle (CADEUL) s'étonne de la requête déposée mercredi par deux de ses étudiants, Laurent Proulx et Miguael Bergeron. La cotisation de 10 $ par session pour devenir membre de la CADEUL peut être remboursée par tout étudiant qui en fait la demande, explique son président, Martin Bonneau.

«On est surpris parce que chez nous, comme dans beaucoup d'associations étudiantes, il y a un processus assez simple pour se faire rembourser sa cotisation. On a fait la vérification et ils n'ont jamais fait la demande», affirme-t-il.

Chaque session, quelques dizaines d'étudiants - sur les 28 000 que représente la CADEUL - choisissent de récupérer leur cotisation et de ne pas être représentés par l'association étudiante. «On leur explique alors qu'ils ne peuvent plus avoir recours à nos services, s'ils ne sont plus membres», précise M. Bonneau.

Quant à la question du monopole, le président de la CADEUL rappelle que les associations étudiantes ont été créées «un peu comme un syndicat» afin de défendre les intérêts des étudiants par rapport à l'administration universitaire ou au gouvernement.

«Oui, il y a juste une association [à laquelle les étudiants peuvent adhérer], mais les étudiants ont tous leur mot à dire pour nous donner des mandats pour remplir notre mission qui est de défendre leurs droits et leurs intérêts», ajoute M. Bonneau.

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