Rencontre sur le financement des universités: un scénario écrit d'avance

Le ministre Pierre Duchesne n'a pas écarté mercredi... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le ministre Pierre Duchesne n'a pas écarté mercredi la possibilité que le Vérificateur général ait accès aux livres universitaires, mais il a toutefois relégué cette question au sommet.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le troisième forum sur l'enseignement supérieur s'ouvrira ce soir à Sherbrooke dans un climat tendu. Alors que la gestion des universités et leur financement seront au coeur des discussions, le débat fait rage depuis un bon moment déjà. L'enjeu: un financement public qui s'élève à 3 milliards $.

C'est la somme investie par le gouvernement du Québec dans le réseau universitaire selon les plus récents chiffres disponibles, qui datent de 2010-2011. Sur les campus, deux camps s'affrontent.

Les recteurs affirment, nouvelle étude en main, que les universités sont sous-financées comparativement au reste du pays et que le manque à gagner s'élève maintenant à 850 millions $. Les étudiants, qui réclament toujours le gel des droits de scolarité, estiment que les universités ne sont pas sous-financées, mais plutôt mal gérées.

Presque un an s'est écoulé depuis le conflit étudiant, mais rien n'a bougé ou presque. Entre-temps, le nouvel arbitre a changé de ton. Certains affirment qu'il a aussi changé de camp.

Cet automne, après avoir aboli la hausse des droits de scolarité, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a remis en question le sous--financement des universités alors que le Parti québécois a longtemps réclamé un réinvestissement massif lorsqu'il était dans l'opposition.

Dans le cahier thématique publié par le Ministère, en vue de la rencontre de Sherbrooke, on reconnaît «l'existence de besoins financiers au sein du réseau universitaire», tout en ajoutant que «le contexte actuel des finances publiques rend difficiles des injections de fonds majeures sans que des devoirs primordiaux aient été remplis».

«Les universités québécoises sont bien gérées, peut-on lire. Cependant, les inquiétudes soulevées depuis quelques années à propos de cas problématiques, même si ceux-ci sont rarissimes, imposent de redonner à tous confiance dans la gestion des établissements.»

Différentes positions

Les discussions entourant le financement et la gestion des universités reprendront ce soir, mais le scénario semble déjà écrit d'avance.

La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) réclamera plus d'argent, en se gardant bien de préciser d'où doivent venir les fonds supplémentaires. Aucune position formelle sur les droits de scolarité ne sera présentée, a précisé Michel Patry, membre du comité exécutif de la CREPUQ et directeur de HEC Montréal.

Ce dernier a toutefois laissé entendre que l'indexation des droits de scolarité jumelée au réinvestissement envisagé par le gouvernement Marois serait «une source de réconfort», sans néanmoins être suffisants.

De son côté, la Fédération étudiante universitaire réclamera l'examen des états financiers des universités par le Vérificateur général, de même que la création d'une commission d'évaluation chargée de «superviser l'administration des universités».

La Table de concertation étudiante du Québec plaidera quant à elle pour une participation accrue du secteur privé au financement universitaire, notamment par une cotisation obligatoire qui pourrait être calquée sur celle liée à la formation de la main-d'oeuvre, qui oblige les grandes entreprises à y consacrer 1 % de leur masse salariale.

Une mesure à laquelle s'opposera le Conseil du patronat, qui sera présent à Sherbrooke pour représenter «les payeurs de taxes», selon son président, Yves-Thomas Dorval. Le Conseil considère que l'indexation des droits de scolarité n'est pas suffisante, mais se garde bien de chiffrer la hausse réclamée.

M. Dorval affirme toutefois qu'il y a des efforts de «rationalisation et d'optimisation à faire» dans le réseau universitaire avant d'imposer une hausse de la facture étudiante, qui ne passera pas «si les gens concernés ont l'impression que l'argent est mal dépensé». À l'instar des entreprises, les conseils d'administration des universités devraient être composés d'une majorité de membres externes, selon le Conseil.

À l'autre bout du spectre, la Fédération nationale des enseignants (FNEEQ-CSN) proposera plutôt une gouvernance qui repose sur une «collégialité représentative», puisque «seuls les membres de la communauté universitaire connaissent la réalité et les besoins réels de leur  institution», peut-on lire dans le document concocté en vue de la rencontre de Sherbrooke.

À ces voix se joindront aussi celles d'organismes communautaires de la région de Sherbrooke, qui manifesteront vendredi midi pour dénoncer la marchandisation de l'éducation et revendiquer la gratuité scolaire.

Autant de points de vue qui rendent difficile, voire impossible, l'atteinte du consensus espéré par le gouvernement. Tout semble indiquer qu'en fin de compte, le ministre Duchesne devra trancher.

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