Conséquence de la grève étudiante: des examens dès le 3 janvier

Même s'ils ne sont pas particulièrement heureux de... (Photothèque Le Soleil, Érick Labbé)

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Même s'ils ne sont pas particulièrement heureux de passer le temps des Fêtes à étudier, les étudiants rencontrés par Le Soleil ne regrettent pas le mouvement de grève du «printemps érable».

Photothèque Le Soleil, Érick Labbé

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David Rémillard
Le Soleil

(Québec) Le conflit étudiant du printemps dernier laisse des traces, même après des mois. Des milliers d'étudiants québécois passeront le temps des Fêtes la tête dans leurs livres, calendrier modifié oblige. Le Soleil a discuté avec quelques-uns d'entre eux.

Conséquence directe de la grève étudiante, 1800 étudiants de l'Université Laval éparpillés dans 34 programmes n'auront pas de répit entre Noël et le jour de l'An. Des remises de travaux et des examens de fin de session les attendent dans le détour dès le 3 janvier.

«On savait qu'il y aurait des conséquences à la grève. Ça s'est concrétisé en temps des Fêtes où on doit étudier. Bien que je n'en sois pas particulièrement heureux, j'accepte de le faire», explique Simon Fortin-Dupuis, étudiant en histoire. «La charge de travail pour le temps des Fêtes est la même que durant la session, pas vraiment de vacances», ajoute son collègue, Jérôme, qui espérait profiter de ses congés pour travailler davantage et renflouer ses coffres.

La dizaine d'étudiants interrogés ont voté en faveur de la grève. Cela n'empêche pas que certains de leurs homologues aient voté contre le débrayage. Simon Fortin-Dupuis, qui est aussi coordonnateur de l'association étudiante d'histoire, estime que tous ont enterré la hache de guerre. «Ça ne convient à personne, mais c'est plutôt bien accepté par tous. Les personnes qui étaient contre la grève comme ceux qui étaient pour n'ont plus la volonté d'entrer en conflit.»

Marathon d'étude

Le défi était de taille pour les institutions collégiales et universitaires. La loi 12 exigeait de terminer les sessions d'hiver et d'automne 2012 avant le début de la session d'hiver 2013, au 21 janvier, le tout à partir du 15 août.

Les étudiants se sont donc lancés dans un marathon de 150 jours sans congé. Pas de temps pour le repos, pas de semaine de relâche non plus.

Si plusieurs disent avoir maintenu le même rendement scolaire, d'autres ont dû s'ajuster au nouveau rythme. «Personnellement, j'ai eu des difficultés durant ma session, mais je les assume totalement. Je trouve que cela en valait la peine», raconte Stéphanie, apprentie historienne.

Le congé des Fêtes, s'il en est un, durera 10 jours, du 11 au 21 janvier, trois fois moins qu'un congé des Fêtes régulier. Ce sera ensuite le retour à la normale dans les établissements postsecondaires québécois.

Profs non disponibles

Le vice-rectorat aux études a communiqué par courriel, mardi, avec les étudiants touchés par le rattrapage pour les aviser que les professeurs ne seraient pas joignables du 22 décembre au 2 janvier.

Pas nécessairement un problème selon les étudiants interrogés. Le vice-recteur Bernard Garnier fait appel à la patience. «Il ne faut pas s'attendre à ce qu'ils répondent à leurs courriels le jour même», explique-t-il. Il revient à la discrétion de chaque professeur d'accorder ou non du temps à leurs étudiants au cours de cette période.

Les étudiants rencontrés ne tarissaient toutefois pas d'éloges pour leurs professeurs et chargés de cours, qui via la loi 12, pouvaient exceptionnellement réaménagé leur structure de cours «sans tenir préjudice à la qualité de l'enseignement.» Le vice-rectorat aux études s'est dit persuadé que les objectifs de chaque cours étaient atteints malgré les modifications de cours. Par exemple, Leïka, étudiante en études théâtrales, a terminé deux de ses quatre cours. «Les professeurs ont dû couper de la matière et réajuster leurs évaluations», explique-t-elle.

Dans tous les cas, les professeurs se sont montrés «très accommodants», estiment les étudiants.

Des coûts supplémentaires

Les coûts supplémentaires liés au rattrapage et à l'intégration des étudiants pour le début de la session le 1er octobre atteignent 650 000 $ à l'Université Laval. Ces calculs ont été effectués à la demande du vice-rectorat aux études, qui entend bien se faire rembourser ces sommes par le gouvernement provincial.

Le total demandé risque toutefois d'être plus élevé, puisque les chiffres obtenus par Le Soleil ne représentent que les dépenses liées à l'enseignement.

Bernard Garnier, vice-recteur aux études, a établi avec son équipe un gabarit permettant aux facultés touchées de comptabiliser les coûts du réaménagement des calendriers.

Les professeurs ont notamment effectué plus d'heures qu'à la normale, alors que les chargés de cours ont dû revoir certaines dispositions de leurs contrats.

Le montant total ne sera connu que lorsque toutes les facultés auront terminé de compiler leurs chiffres. Certaines n'avaient toujours pas commencé à le faire la semaine dernière.

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