La détresse d'un enfant surdoué

«C'est difficile à expliquer, mais un surdoué n'a... (Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse)

Agrandir

«C'est difficile à expliquer, mais un surdoué n'a pas forcément des bonnes notes. Il y a un décalage entre ses connaissances et la façon d'évaluer», souligne la mère d'Olivier, un enfant surdoué.

Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse

Partager

Sur le même thème

(Québec) À sept ans, Olivier (nom fictif) a déjà sauté une année et fréquente une école internationale. Pourtant, rien n'y fait. Pour lui, «l'école ne sert qu'à occuper les enfants pendant que les parents travaillent». Olivier étant dépressif et de plus en plus malheureux, ses parents se sont rendus à l'évidence : l'école n'est pas faite pour lui et il continuera d'apprendre... à la maison.

Les parents d'Olivier ont su très tôt qu'il n'était pas tout à fait comme les autres enfants. À 21 mois, il identifiait des lettres sur les t-shirts des membres de la famille pendant les partys de Noël. En maternelle, un spécialiste a évalué que son niveau de lecture correspondait à celui d'un enfant de quatrième année. À deux reprises, il a été diagnostiqué comme un enfant surdoué.

«Les gens ont tendance à penser qu'on l'a poussé à apprendre plus vite. Mais ça n'a jamais été le cas, on veut juste qu'il se développe et soit heureux», lance sa mère. Ce qui, pour l'instant, est loin d'être évident.

Olivier déteste l'école non seulement parce qu'il s'ennuie, mais aussi... parce qu'il a de la difficulté à réussir. Paradoxalement, il a 55 % en mathématiques, même s'il maîtrise les multiplications et les fractions depuis belle lurette. En lecture, il a à peine 60 %.

«C'est difficile à expliquer, mais un surdoué n'a pas forcément des bonnes notes. Il y a un décalage entre ses connaissances et la façon d'évaluer. Et quand ça ne va pas assez vite pour lui, il s'en fout, il ne fait pas d'effort et peut avoir des mauvaises réponses.»

Pour compliquer le tableau, Olivier est suivi en ergothérapie parce qu'il a des problèmes de psychomotricité fine. Sa main ne suit pas son cerveau trop rapide, alors il a de la difficulté à écrire. Il n'a pourtant aucun problème à manier le clavier.

Parce que son cerveau ne va pas à la même vitesse que les autres enfants de son âge, Olivier n'a jamais eu d'ami. Les enfants rient de lui parce qu'il joue seul, à la récréation. «Il ne parle pas le même langage que les autres. Il n'a pas grand-chose pour lui donner envie d'aller à l'école», lance sa mère.

En maternelle, dès la première semaine, ses parents ont été convoqués par la direction à cause des problèmes de comportement de leur fils. La situation ne s'est jamais réglée depuis. «À chaque matin, c'est la même chose. Il dit que l'école ne sert à rien et il ne veut pas y aller.»

Pour mettre fin à son calvaire, les parents d'Olivier viennent de décider de le retirer de l'école pour faire l'école à la maison, après Noël.

«Je m'attendais à devoir justifier notre décision, mais ç'a été très facile. La direction nous a dit qu'elle comprenait la situation et qu'elle était navrée que la commission scolaire ou le ministère de l'Éducation n'ait pas mieux à nous offrir», raconte sa mère.

Celle-ci aimerait bien un peu plus de souplesse dans un réseau scolaire parfois trop rigide. Ou encore des programmes particuliers mieux adaptés à des enfants comme son fils.

Mais puisque rien de tout ça n'existe, Olivier continuera d'apprendre... à la maison. Du moins, pour les prochaines années.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer