Les charges de cours en forte hausse à l'Université Laval

Selon les chiffres obtenus par Le Soleil, le nombre... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Selon les chiffres obtenus par Le Soleil, le nombre de professeurs a augmenté d'environ 4 % depuis une décennie, passant de 1445 à 1516, une hausse qui correspond à peu près à l'augmentation du nombre d'étudiants au cours de la même période. Or, pendant ce temps, le nombre de charges de cours a fait un bond de 12 %, passant de 2809 à 3198, entre 2001-2002 et 2010-2011.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) À l'Université Laval, le nombre de charges de cours a augmenté trois fois plus rapidement que le nombre de professeurs depuis 10 ans. Faut-il s'en inquiéter?

Selon les chiffres obtenus par Le Soleil, le nombre de professeurs a augmenté d'environ 4 % depuis une décennie, passant de 1445 à 1516, une hausse qui correspond à peu près à l'augmentation du nombre d'étudiants au cours de la même période. Or, pendant ce temps, le nombre de charges de cours a fait un bond de 12 %, passant de 2809 à 3198, entre 2001-2002 et 2010-2011.

L'Université Laval a jugé qu'il était plus représentatif de nous fournir les chiffres concernant le nombre de charges de cours puisque le nombre de cours enseignés par un chargé de cours peut varier considérablement.

Selon Bernard Garnier, vice-recteur aux études à l'Université Laval, cette augmentation des charges de cours s'explique notamment par la plus grande flexibilité entourant le recrutement des chargés de cours, qui sont des employés contractuels.

«Il est plus difficile de s'ajuster à une augmentation de clientèle avec des professeurs. Le processus de recrutement peut prendre un an, parfois deux, et quand on les embauche, c'est pour 30 ans», explique M. Garnier.

Le vice-recteur reconnaît toutefois que l'augmentation des charges de cours est aussi le résultat de la situation financière de l'université. «Les chiffres sont la traduction du financement que nous recevons», dit-il.

Dans les années 90, près de 1500 postes de professeurs ont été supprimés dans l'ensemble du réseau universitaire québécois, rappelle-t-il. Résultat : les universités ont commencé à recruter des chargés de cours, dont la tâche est uniquement d'enseigner.

Il s'agit souvent de professionnels qui occupent un autre emploi à temps plein et qui enseignent un cours ou deux par session. On retrouve aussi des chargés de cours de carrière, qui peuvent enseigner jusqu'à sept ou huit cours par année. À l'Université Laval, il y en a environ une centaine que l'on appelle des «chargés d'enseignement». D'autres charges de cours sont aussi données par des étudiants à la maîtrise ou au doctorat.

Selon la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), environ la moitié des cours universitaires de premier cycle sont donnés par des chargés de cours.

Qualité de l'enseignement

Dans le cadre de la rencontre portant sur qualité de la formation universitaire, qui s'est déroulée la semaine dernière à l'Université Laval, l'équilibre entre les professeurs et les chargés de cours a été mentionné comme étant un gage de qualité de l'enseignement, notamment dans le document d'information préparé en vue de la rencontre.

Pour la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), il est toutefois faux de prétendre qu'un enseignement donné par des professeurs est nécessairement de meilleure qualité que celui dispensé par les chargés de cours.

«C'est un peu trop simpliste comme relation, affirme Martine Desjardins, présidente de la FEUQ. Ça dépend des besoins dans différents programmes.»

Selon Sylvain Marois, chargé de cours à l'Université Laval et vice-président du regroupement université de la FNEEQ, les chargés de cours ne sont pas «une anomalie à régler.» «C'est perçu comme ça par un petit pourcentage de gens, mais c'est un mythe. On est complémentaire», affirme-t-il.

Même son de cloche du côté du Syndicat des professeurs de l'Université Laval, à un bémol près. «Je ne pense pas que la qualité de l'enseignement des chargés de cours est moins bonne, ils remplissent bien leur rôle, affirme son président, Yves Lacouture. Mais on ne construit pas une université complète uniquement avec des chargés de cours. Si on veut une bonne université, ça prend des professeurs.»

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