Fournier dénonce le «détournement politique des écoles»

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«Il y a au Québec des Québécois d'expression anglaise, ce sont des Québécois, ce ne sont pas des étrangers», s'est exclamé Jean-Marc Fournier en point de presse jeudi matin.

La Presse Canadienne

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Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) L'opposition a vivement dénoncé jeudi la volonté de la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, de diminuer les heures d'enseignement de l'anglais au primaire et de faire une plus grande place à la question nationale dans les cours d'histoire du secondaire.

En point de presse jeudi matin, le porte-parole de l'opposition officielle, Jean-Marc Fournier, a qualifié ces mesures de «détournement politique des écoles».

Dans un entretien accordé au Soleil jeudi, Marie Malavoy a expliqué que son parti était «très critique par rapport à l'idée d'introduire une langue étrangère» - soit l'anglais - dès la première année du primaire puisque les élèves commencent à maîtriser leur langue maternelle. Ce choix de mots a fait bondir le Parti libéral du Québec (PLQ), qui a instauré la mesure en 2006.

«Il y a au Québec des Québécois d'expression anglaise, ce sont des Québécois, ce ne sont pas des étrangers», s'est exclamé M. Fournier. «L'intolérance du Parti québécois doit cesser», a-t-il ajouté, se disant également choqué que le gouvernement veuille mettre un frein à l'implantation du programme intensif d'anglais à la sixième année du primaire en ayant plus pour cible 2015. Selon le chef de l'opposition officielle, le Parti québécois veut ainsi pénaliser «l'avenir collectif du Québec en voulant limiter l'aptitude des Québécois à parler plus d'une langue».

Jean-Marc Fournier se dit tout aussi outré du souhait exprimé par Mme Malavoy de revoir l'enseignement de l'histoire du Québec au secondaire pour que la question nationale soit davantage mise en relief. La ministre de l'Éducation a affirmé qu'au fil des années, le «poisson de la souveraineté» avait été «un peu noyé». Elle a expliqué qu'il fallait que les élèves du secondaire soient davantage au parfum du débat qui oppose les tenants du souverainisme et ceux du fédéralisme canadien.

Selon le député de Saint-Laurent, la ministre a «abdiqué de ses responsabilités au profit de l'aile radicale de son parti».

Pas de politique en classe

Le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec (CAQ) à l'Assemblée nationale, Gérard Deltell, s'est dit tout aussi indigné. «Ce n'est pas aux politiciens à décider ce qu'il y a dans les cours d'histoire», s'est insurgé le député de Chauveau, qui estime que le PQ veut «instrumenter l'éducation à des fins partisanes».

Il déplore également «le pas en arrière» souhaité par le gouvernement Marois dans l'enseignement de l'anglais au primaire et croit que cela empêcherait d'outiller les enfants dans un monde de plus en plus compétitif. M. Deltell juge par ailleurs que Marie Malavoy a commis une erreur en qualifiant l'anglais de «langue étrangère» et que de tels propos sont blessants pour une bonne partie de la population.

Le PLQ et la CAQ demandent tous deux à la première ministre Pauline Marois de rappeler Mme Malavoy à l'ordre.

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