Marie Malavoy: moins d'anglais, plus d'histoire

«Mon parti est très critique par rapport à... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

«Mon parti est très critique par rapport à l'idée d'introduire une langue étrangère alors que l'on commence à maîtriser les concepts, la grammaire, la syntaxe et le vocabulaire de sa langue maternelle», explique Marie Malavoy.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Partager

Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) Le gouvernement Marois veut revoir l'enseignement de l'anglais au primaire en mettant un frein sur l'implantation du programme intensif en sixième année d'ici 2015 et en abolissant les cours obligatoires dès la première année. C'est du moins les deux souhaits formulés hier par la nouvelle ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, qui a également plaidé pour la révision du programme d'histoire au secondaire afin que la question nationale y occupe une place de choix.

D'emblée, Mme Malavoy ne se dit pas contre la mesure qui avait été annoncée en 2011 par le premier ministre Jean Charest d'imposer l'anglais intensif en sixième année. Mais elle juge que la cible de 2015 est «prématurée» et veut la reléguer aux oubliettes. «Ça peut être fait en progression», suggère la nouvelle ministre.

Alors que, dans plusieurs écoles de la province, celui-ci est déjà en vigueur, des professeurs se sont dits préoccupés dans un dossier du Soleil paru au début du mois de septembre par le changement qui prévoit l'enseignement des matières régulières en 5 mois plutôt que 10.

«Avant de déclarer que ça va être ça pour tout le monde, moi, je veux être prudente et procéder par étapes, faire un bilan et mesurer est-ce qu'on continue dans ce sens-là», affirme Marie Malavoy, qui soutient qu'il faut entre autres évaluer les conséquences sur les élèves en difficulté et sur le corps professoral.

«On peut apprendre l'anglais d'autres manières [...], cheminer avec deux modes différents», dit-elle, évoquant également la possibilité que les commissions scolaires et le ministère de l'Éducation fixent ensemble, en vertu d'une convention, un pourcentage d'écoles dans lesquelles le nouveau programme d'anglais intensif serait mis en place.

Trop tôt

Au Parti québécois (PQ), l'enseignement de la langue de Shakespeare dès la première année du primaire, une mesure mise en place par le gouvernement Charest en 2006, a toujours déplu.

«Mon parti est très critique par rapport à l'idée d'introduire une langue étrangère alors que l'on commence à maîtriser les concepts, la grammaire, la syntaxe et le vocabulaire de sa langue maternelle», explique Mme Malavoy.

«Je vais respecter ce qu'il y a là cette année, mais j'ai déjà demandé aux gens du Ministère de suivre ça et on va s'en reparler pour juger ce que l'on fait l'année prochaine», laisse tomber celle qui souhaite que cette deuxième langue soit plutôt enseignée à partir de la quatrième ou de la cinquième année du primaire.

La souveraineté sur les bancs d'école

Une autre matière qui doit être revue, selon le PQ, est l'histoire enseignée au secondaire. En plus d'augmenter le nombre d'heures qui y sont consacrées, Marie Malavoy croit que le contenu doit être modifié. Depuis la réforme, dit-elle, l'éducation à la citoyenneté met sur un pied d'égalité la question nationale avec le féminisme, le capitalisme ou encore l'américanisme.

«On a un peu noyé le poisson de la souveraineté, soutient la ministre. Dieu sait que le débat national au Québec a beaucoup marqué notre histoire récente et il faut que ce soit vu avec du relief et non pas à travers une succession de thèmes qui ne sont pas forcément aussi importants et moins en lien avec notre propre identité», poursuit-elle, ajoutant qu'au fil des années, des «biais» se sont introduits dans les cours donnés aux élèves du secondaire.

Ainsi, le clivage qui oppose les souverainistes et les tenants du fédéralisme canadien doit être mieux compris par les élèves du secondaire, soutient la ministre, qui veut que ce changement soit fait le plus tôt possible. «Si on est capable de faire des choses dès l'année prochaine, on le fera», affirme-t-elle.

Valoriser les profs

Pour valoriser le métier d'enseignant, le gouvernement Marois n'exclut pas de hausser le salaire des professeurs et de resserrer l'accès au métier.

«Si on veut que ce soit un métier reconnu, il faudra se poser des questions sur l'ensemble. À court terme ce n'est pas dans le décor, de toute façon on a une pression sur les finances publiques qui nous empêche de rêver mais je peux très bien rêver à un monde où les enseignants sont mieux reconnus, mieux appuyés et mieux payés. Mais je n'en fait pas l'ingrédient majeur», a expliqué la nouvelle ministre de l'Éducation, Marie Malavoy.

Celle-ci reconnaît également que dans d'autres pays, une sélection plus sévère à l'université pour la formation de professeurs a également permis de valoriser le métier. Mais elle estime qu'il ne suffit pas d'importer des modèles et juge qu'il est nécessaire de bien évaluer ce type de mesures avant de les mettre de l'avant. À court terme, Mme Malavoy dit plutôt vouloir fournir davantage de personnel aux enseignants débordés - Québec veut embaucher 600 spécialistes d'ici quatre ans - et leur donner accès à un programme de formation continue à la carte.

«Pour une pertinence visible»

Québec souhaite que les élections scolaires soient jumelées aux élections municipales. La ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, a déjà joint le Directeur général des élections (DGE) pour que cela soit implanté à temps pour le scrutin municipal prévu à l'automne 2013.

«Ce serait l'idéal!» lance Mme Malavoy, soutenant que l'exercice démocratique permettrait notamment un taux de participation plus élevé. Au contraire de la Coalition avenir Québec, le Parti québécois croit que les commissions scolaires ont toujours leur raison d'être et ne souhaite pas leur abolition.

Mais la nouvelle ministre de l'Éducation juge que celles-ci doivent fournir des efforts pour que «leur pertinence soit visible». «Elles ont un grand défi», soutient Mme Malavoy. En tenant les élections scolaires en même temps que les municipales, cette dernière croit que cela pourrait leur donner un coup de pouce.

Mais la députée de Taillon admet que c'est loin d'être chose faite et que le DGE lui a déjà fait savoir qu'il y avait des «contraintes importantes» pour l'automne 2013.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer