Tel que le révélait Le Soleil la semaine dernière, l'annulation de la hausse des droits de scolarité annoncée jeudi occasionne des trous dans les budgets universitaires, qui avaient été bouclés ce printemps en fonction du paiement additionnel de 254 $ par étudiant. À l'Université Laval, le recteur Denis Brière évalue ce déficit «entre 6 et 7 millions $» pour l'année financière en cours.
Le gouvernement Marois a déjà annoncé qu'il allait verser une compensation aux différents établissements pour amenuiser les effets de sa décision. Or, ce montant demeure inconnu pour l'instant. «On est un petit peu dans le flou», signale M. Brière, rencontré en marge du premier conseil universitaire de la rentrée. Celui-ci convient que la compensation ne pourra jamais couvrir 100 % du déficit occasionné. «Naturellement, on aimerait avoir le montant complet, sourit-il. Mais je pense que ça ne serait pas réaliste. On pense peut-être [à] 70 % ou 75 %.»
Équilibre budgétaire
S'il espère retirer plus ou moins 4,5 millions $ de la part du gouvernement, M. Brière a bon espoir d'atteindre l'équilibre budgétaire grâce aux revenus supplémentaires engendrés par l'augmentation de l'effectif étudiant. Aucune coupe de personnel n'est donc envisagée pour l'instant.
«On avait prévu au budget une hausse [de l'effectif] de 1,3 %. Alors tout ce qui est en haut de ça vient compenser», explique le recteur, certain que le taux dépassera cette prévision. «Maintenant, est-ce que ça va être 1,5 %, 2 %, 3 %? On ne le sait pas.» On sait seulement qu'au cours des cinq dernières années, l'effectif étudiant a bondi de 7,4 %. À titre indicatif, chaque augmentation de 1 % permet à l'Université d'engranger environ 2 millions $ supplémentaires.
Inquiétude à long terme
Le recteur de l'Université Laval, qui s'est fait réélire pour un second mandat en mai, s'est toutefois montré moins confiant en ce qui a trait aux prochains exercices financiers. Il sait très bien qu'il ne pourra pas toujours compter sur un nombre grandissant d'inscrits pour gonfler les coffres de son établissement étant donné les prévisions démographiques à la baisse.
«Ça a l'air qu'on va régler 2012-2013, mais on ne sait pas ce qui va se passer après. Moi, je ne peux pas engager des professeurs [en me basant] sur une augmentation d'une année, parce qu'on engage des professeurs sur 30 ans. C'est à long terme. Ça nous prend une vision d'au moins 5 à 7 ans», soutient M. Brière.
Par ailleurs, les étudiants de l'Université Laval ont commencé à recevoir ces derniers jours leur facture pour la session actuelle. La direction lavalloise a en effet retardé la facturation de quelques jours afin d'éviter d'avoir à rembourser certains étudiants qui auraient payé 254 $ en trop.