Annulation de la hausse des droits de scolarité: les universités dans le rouge

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L'annulation complète de la hausse des droits de scolarité prive l'Université Laval de 4,7 millions $ cette année.

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Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) Avec l'annulation de la hausse des droits de scolarité prévue par le Parti québécois (PQ), les budgets des établissements universitaires sont dans le rouge. L'Université Laval est par exemple privée de 4,7 millions $, alors que l'Université de Montréal doit boucler son budget avec 4,5 millions $ en moins.

«Il y a une préoccupation majeure à cet égard», lance le président-directeur général de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), Daniel Zizian.

L'organisme, qui représente toutes les universités québécoises, a déjà signifié à la nouvelle première ministre, Pauline Marois, qu'il souhaitait le plus rapidement possible une rencontre pour discuter des compensations promises aux établissements d'enseignement. Ceux-ci avaient élaboré leur budget pour l'année financière en cours en fonction de l'augmentation des droits de scolarité. Collectivement, c'est 39 millions $ qui leur étaient destinés dans le dernier budget Bachand.

Écart de 66 millions $

Dans son cadre financier, le PQ a prévu 150 millions $ pour «amenuiser les effets de la hausse». Or, la CREPUQ calcule plutôt que d'ici cinq ans, c'est 216 millions $ qui seront nécessaires pour garnir les coffres des universités qui crient famine. L'écart entre le montant prévu par le gouvernement péquiste et ce que réclament les universités s'élève à 66 millions $.

Pour arriver à un tel chiffre, la CREPUQ se base sur les sommes inscrites dans Un plan de financement des universités équitable et équilibré, un document issu du ministère des Finances. Le gouvernement libéral de Jean Charest avait prévu des revenus additionnels provenant de la contribution des étudiants totalisant 332 millions $ d'ici cinq ans, soit pour l'exercice financier 2016-2017. De cette somme, 116 millions $ sont retenus pour l'aide financière aux études.

«Il faut s'asseoir avec le gouvernement pour saisir comment il est arrivé à 150 millions $ et comment il prévoit compenser les universités à l'égard de l'annulation de la hausse», explique M. Zizian, qui entend mener ces discussions «de bonne foi». Il estime d'ailleurs qu'avec son enveloppe compensatoire, le nouveau parti au pouvoir démontre sa volonté de ne pas priver les universités de l'argent qui, pour l'instant, leur est passé sous le nez.

Chiffres à revoir

N'empêche, les universités avaient d'abord finalisé leur exercice financier 2012-2013 en fonction de la première hausse inscrite au budget, qui était de 325 $ par étudiant sur cinq ans. Pour l'Université Laval (UL), cela représentait 6 millions $ de plus, alors que l'Université de Montréal (UdM) héritait de 6,4 millions $.

Au printemps, lorsque le gouvernement Charest a proposé aux étudiants une réduction de la hausse des droits de scolarité en la faisant passer à 254 $ sur sept ans, les directions financières ont été forcées de revoir leurs colonnes de chiffres.

L'UL se retrouvait avec 1,3 million $ de moins, alors que son homologue montréalaise s'est vu soustraire 1,9 million $ à son budget. La première s'est en tirée sans faire de compressions, explique la vice-rectrice à l'administration et aux finances, Josée Germain. L'UdM a de son côté décidé d'absorber la perte en réduisant ses dépenses. Puisque les revenus additionnels provenant de la hausse devaient bénéficier aux étudiants, ce sont les services qui leur sont destinés - comme les acquisitions de collections de bibliothèques et le budget des facultés - qui ont écopé, explique le Vice-rectorat aux finances et aux infrastructures.

L'annulation complète de la hausse prive l'établissement de Québec et celui de Montréal de 4,7 millions $ et 4,5 millions $ respectivement. Mais les universités refusent de se prononcer sur ce qu'elles feront, se disant toutes deux en «attente». «On suit ça de très près, on ne veut pas faire de coupures si ce n'est pas nécessaire», affirme Mme Germain. Celle-ci croit néanmoins qu'avec la nomination du ministre de l'Éducation mercredi, le dénouement pourrait être rapide.

Le temps presse alors que l'UdM et l'UL attendent d'être fixées pour savoir quel montant elles doivent inscrire sur les factures de leurs étudiants pour la session en cours et, au besoin, revoir une nouvelle fois leurs budgets.

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