Cet argent a servi à réaménager la session d'hiver qui a été perturbée dans 25 cégeps sur un total de 48. Dans certains établissements, la session s'est terminée avant le 30 juin comme au Cégep de Gaspé ou de Saint-Félicien, alors que la session a été suspendue dans 14 collèges de la région de Montréal, où les cours sont repris présentement. À Québec, aucun cégep n'était en grève ce printemps.
Les 25 millions $ ont servi principalement à embaucher 180 personnes supplémentaires à temps plein, surtout des enseignants, indique Jean Beauchesne, président de la Fédération des cégeps.
Cet argent frais était absolument nécessaire, ajoute-t-il. «On ne pouvait pas réaménager [avec les ressources existantes], sinon on allait pénaliser d'autres étudiants. Il n'y avait pas de marge de manoeuvre.»
Les ressources supplémentaires vont permettre de diminuer le nombre d'étudiants par groupe et de faire du tutorat, qui est la principale mesure d'aide pour les étudiants plus faibles, ajoute-t-il.
M. Beauchesne se dit d'ailleurs «extrêmement préoccupé» par les répercussions du conflit sur ces étudiants, qui sont plus à risque d'échouer leur session. «On sait qu'on leur en demande beaucoup», reconnaît-il.
Dans la plupart des 14 cégeps de Montréal particulièrement touchés par le conflit, la session d'automne commencera en octobre pour se terminer en janvier.
Sessions condensées
Les étudiants auront donc droit à deux sessions condensées, où les cours s'échelonneront sur 12 semaines plutôt que 15. «Dans certaines techniques, ça veut dire que les élèves ont deux heures de cours ou d'activités de stage ou de laboratoire de plus par jour. C'est quelque chose», lance M. Beauchesne, qui précise toutefois qu'il s'agit de cas «extrêmes».
Les 25 millions $ supplémentaires ont été accordés par le Conseil du trésor à la suite de l'entente survenue au début août entre les négociateurs du gouvernement et ceux représentant les syndiqués et patrons des cégeps en conflit.
Cette facture s'ajoute à celle des universités, mais impossible pour l'instant d'en déterminer le coût, dit-on du côté de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec. Dans la métropole, le Service de police de la Ville de Montréal évalue à 15 millions $ les coûts supplémentaires reliés aux manifestations quotidiennes du printemps dernier.