En grève depuis le 29 février, les étudiants ont décidé de suspendre la grève jusqu'aux élections du 4 septembre. Réunis en assemblée générale, 38 étudiants se sont prononcés pour et trois contre, après plus de deux heures de délibérations. Ils ont aussi convenu de se réunir de nouveau en assemblée générale dans la semaine suivant les élections pour décider si la grève doit être reconduite ou non.
À l'Université Laval, les étudiants en arts plastiques sont les premiers à se prononcer sur la poursuite de la grève générale amorcée au printemps.
Dans leurs rangs, plusieurs ont poussé des soupirs de soulagement. «Avec les élections, il n'y a pas d'autre chose à faire qu'attendre le résultat [du scrutin]», lance Bihanka Demers, qui était contre la grève, mais aussi contre la hausse.
D'autres étudiants affichant le fameux carré rouge pensent aussi que la suspension de la grève est la meilleure décision. «On reporte la décision en septembre parce que tout peut arriver. On veut se tenir à jour, alors je trouve ça super», affirme Catherine Lemieux.
La présidente de l'association étudiante, Eugénie Paradis-Charrette, se réjouit de son côté de ce verdict quasi unanime : «Je suis contente que tout le monde soit content. Ç'a été une grosse majorité, c'est assez clair comme décision.»
Débats
Lors des discussions qui ont précédé le vote, plusieurs étudiants se sont interrogés sur la pertinence de la grève comme moyen de pression, dans le contexte électoral. «La grève a permis de consolider la base électorale de Jean Charest. J'aimerais ça qu'on se demande quel impact auront nos actions», a lancé Marie-Andrée.
«C'est plus stratégique de faire une trêve, a renchéri Marie-Pierre. Comme ça, on n'aide pas Jean Charest et c'est nous qui allons avoir l'air de ceux qui prennent les décisions responsables.»
D'autres se sont aussi interrogés sur les impacts de la poursuite de la grève. La session d'hiver serait-elle carrément annulée? Comment la loi 12 (projet de loi 78) serait-elle appliquée? «Je ne pense pas qu'on gagne à continuer et je voudrais savoir ce qu'on risque de perdre», a demandé une autre étudiante.
Un de ses camarades n'a toutefois pas manqué de souligner qu'une fois la grève suspendue, il serait difficile de la reprendre par la suite, si les libéraux de Jean Charest étaient réélus.
La session de rattrapage, qui s'étirera jusqu'à la fin septembre, a débuté lundi pour les 175 étudiants en arts plastiques de l'Université Laval.
Vendredi, ce sera au tour des étudiants en philosophie et en théâtre de se prononcer.
Avec la collaboration de Marie-Pier Duplessis