Conflit étudiant: les associations refusent de rendre les armes

«Oui, on aurait aimé que la grève se... (Photo: Olivier PontBriand, La Presse)

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«Oui, on aurait aimé que la grève se poursuive, admet la porte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds. Mais on voit une volonté de poursuivre la mobilisation pour la marche du 22 août, et des votes de grève seront repris après le scrutin.»

Photo: Olivier PontBriand, La Presse

(Québec) Même si plusieurs cégépiens ont décidé de reprendre le chemin des classes, les associations étudiantes refusent de s'avouer vaincues. Plutôt que d'y voir un essoufflement du mouvement, les leaders étudiants parlent plutôt d'un changement de stratégie en vue de l'élection du 4 septembre.

Jusqu'à maintenant, les étudiants de 8 des 14 cégeps en grève ce printemps se sont prononcés pour un retour en classe. Seulement deux collèges ont voté pour la poursuite de la grève. Dans les rangs de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui a appelé à la poursuite de la grève, la déception est palpable.

«Oui, on aurait aimé que la grève se poursuive, admet sa porte-parole, Jeanne Reynolds. Mais on voit une volonté de poursuivre la mobilisation pour la marche du 22 août, et des votes de grève seront repris après le scrutin.»

La CLASSE refuse toutefois d'y voir une démobilisation étudiante. «Oui, plusieurs cégeps retournent en classe, mais il y a encore plusieurs dizaines de milliers d'étudiants qui doivent se prononcer. Il est trop tôt pour juger», affirme Mme Reynolds. Selon la porte-parole, la crainte de perdre la session est la principale raison qui explique le retour en classe jusqu'à maintenant.

Menaces d'annulation

«Les menaces de la Fédération des cégeps ont eu un impact», lance-t-elle. Au cours des derniers jours, le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, a affirmé que la session pourrait être annulée si les étudiants ne retournaient pas en classe.

Du côté de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), on refuse aussi de s'avouer vaincu. «On n'a pas perdu, parce qu'il reste encore un moyen de faire cesser la hausse. Il faut aller voter le 4 septembre», lance sa présidente, Éliane Laberge.

Cette dernière ne voit pas non plus d'essoufflement. «Il ne faut pas confondre moyen et objectif. En mars, le seul moyen était la grève, on avait tout essayé avant ça. Maintenant, les élections générales représentent un nouveau moyen pour arriver à nos fins. On voit plein de jeunes qui s'impliquent dans la campagne», dit-elle.

Le discours est semblable du côté de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Contrairement à la CLASSE, la FECQ et la FEUQ n'ont pas donné de mot d'ordre à leurs membres concernant la poursuite ou non du débrayage.

Contexte différent

«La grève a été très efficace cet hiver, mais ç'a toujours été un moyen et non une fin. Dans le contexte d'une campagne électorale, la grève n'a plus la même raison d'être. Les étudiants considèrent que le contexte actuel mène à d'autres actions», affirme sa présidente, Martine Desjardins.

Les sanctions prévues dans la loi 12 (projet de loi 78) ont certainement fait peur à plusieurs étudiants, ajoute Mme Desjardins. «On ne se le cachera pas, les amendes prévues sont très salées, à la fois pour les personnes et les associations», souligne-t-elle. Vaut mieux concentrer ses efforts sur l'élection du 4 septembre, estime la FEUQ, qui mène conjointement avec la FECQ une campagne visant à faire sortir le vote des jeunes.

Et que devrait-il arriver au lendemain du scrutin, si les libéraux étaient réélus? Refusant de se prononcer, les trois leaders étudiantes s'entendent sur une chose : le conflit serait loin d'être réglé.

Un choix difficile

«J'appuie ceux qui décident de continuer la grève. Mais personnellement, je trouverais difficile de me resacrifier une deuxième fois.»

Anne-Florence Bisson est étudiante à la maîtrise en ethnologie à l'Université Laval. Elle porte toujours le carré rouge et reste fermement opposée à la hausse des droits de scolarité.

Mais entre la poursuite de la grève et le retour en classe, son coeur balance.

D'ici la rentrée prévue le 5 septembre, plusieurs étudiants de Laval devront se prononcer sur la poursuite ou non de la grève. Les votes qui se sont déroulés dans les cégeps de la région de Montréal, lundi, ont été suivis attentivement par les étudiants de la région de Québec. Les choix s'annoncent difficiles. Pourquoi risquer de perdre une session alors que le gouvernement de Jean Charest pourrait ne pas être réélu le 4 septembre? se demandent plusieurs.

Rosalie Readman, étudiante à la maîtrise en sciences politiques, hésite entre la trêve électorale et la poursuite de la grève. «Ce n'est peut-être pas stratégique de continuer la grève pendant les élections. Il faut que l'attention soit portée sur le bilan du gouvernement libéral» en matière de corruption et de collusion plutôt que sur la crise étudiante, affirme-t-elle.

Assis à la même table, Benjamin Ducol votera de son côté pour la poursuite de la grève «en attendant» le scrutin, convaincu qu'il serait trop difficile de reprendre la mobilisation par la suite, si le gouvernement de Jean Charest était réélu. «Mais ça va prendre un deuxième vote après les élections», lance-t-il.

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