Démission de Nadeau-Dubois: Charest se garde de pavoiser

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Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

Gabriel Nadeau-Dubois... (Photo AFP)

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Gabriel Nadeau-Dubois

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Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Décrit par Gabriel Nadeau-Dubois comme un premier ministre «méprisant et violent», Jean Charest s'est bien gardé de pavoiser en lisant dans Le Devoir que le leader étudiant le plus virulent à son endroit démissionne.

À son point de presse matinal, le chef du Parti libéral du Québec n'a pas voulu répliquer à celui qui quitte son rôle à la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

Comment Jean Charest a-t-il réagi à l'accusation d'avoir fait preuve «d'une violence inouïe» contre les étudiants et particulièrement contre le co-porte-parole que les Québécois sont venus à désigner par ses initiales GND?

«Les gens jugeront du sens du propos», a-t-il répondu mollement. «Ce qui a offusqué tout le monde, c'est l'intimidation, c'est la violence, c'est le manque de respect.

«Et ça, ce n'est pas tous ceux qui ont choisi de manifester», a nuancé le leader libéral. «En répondant, je veux faire attention parce qu'on peut donner l'impression de viser tout le monde. Ce n'est pas le cas.»

Il n'a cependant jamais prononcé le nom de Gabriel Nadeau-Dubois, que ce soit pour l'inclure ou l'exclure. Il n'a pas non plus voulu interpréter le départ comme un signe annonciateur de l'essoufflement du mouvement étudiant combattant la hausse des droits de scolarité décrétée par les libéraux de M. Charest.

Charest «démonise», dit Marois

La chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, trouve dommage qu'un premier ministre «démonise» ainsi sa jeunesse. Elle s'explique mal les soi-disant attaques de Jean Charest à l'égard de l'ex-dirigeant étudiant. «Je crois que M. Charest dans le conflit étudiant a divisé les Québécois, il a aussi voulu marginaliser certains des leaders étudiants, les démoniser, leur accolant des étiquettes [sur ce] qui n'étaient pas leur intention», a-t-elle soutenu, de passage à Chicoutimi, pour une annonce d'ordre économique.

Questionnée à savoir s'il ferait un bon candidat pour le PQ, elle a éclaté de rire avant d'affirmer qu'il fallait le respecter. «On peut ne pas être d'accord avec son point de vue, ses orientations. Mais l'on doit admettre qu'il a été capable de défendre son point de vue, de le faire avec intelligence, avec audace, parfois en exagérant un peu. Mais si on n'est pas capable d'exagérer à 20 ans, je pense que l'on risque d'être ben ennuyant à 60 ans», a-t-elle philosophé.

Bonne chance GND, dit Legault

Le chef caquiste, François Legault, s'est contenté de dire que Gabriel Nadeau-Dubois incarne un jeune «qui a beaucoup de talent, qui est très charismatique. Je lui souhaite bonne chance, même si je ne suis pas du tout d'accord avec ses positions». M. Legault a refusé de voir dans sa démission quelque indice que ce soit sur la vitalité du mouvement étudiant.

QS ouvre la porte

Saluant le bilan du porte-parole démissionnaire de la CLASSE, le député Amir Khadir a pour sa part invité le militant étudiant à poursuivre le combat au sein de son équipe: «Les portes de Québec solidaire sont grandes ouvertes s'il veut se joindre à nous dans l'avenir.»

«Je suis rempli d'admiration pour ce jeune intelligent, déterminé, courageux, qui a pris sur lui beaucoup de critiques, beaucoup de violence venant du gouvernement Charest, venant de M. Charest directement, qui a essayé de manipuler l'opinion publique», a déclaré le cochef de Québec solidaire de passage à Québec. «Des centaines de milliers de jeunes aujourd'hui sont debout dans la rue pour dire : "Nous en avons assez du bradage de nos ressources, des plans d'austérité qui consistent à endetter la famille moyenne québécoise et les jeunes pour une seule raison, parce que les grandes corporations, les banquiers, les financiers qui conseillent ce gouvernement ne veulent pas prendre leurs responsabilités et faire leur juste part." Gabriel Nadeau-Dubois a réussi, avec des centaines de milliers d'autres jeunes, à emmener ça dans l'espace public et c'est sur ce bilan que je le juge. Et je le juge très positivement.»

Le retour à l'anonymat du jeune militant ne devrait pas nuire à la mobilisation étudiante, évalue également le député de Mercier. «Je ne pense pas que l'adversaire de M. Charest soit seulement Gabriel Nadeau-Dubois. Gabriel Nadeau-Dubois est un parmi des millions de Québécois.»

Avec la collaboration de Jean-François Cliche, d'Annie Mathieu et de Baptiste Ricard-Châtelain

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