M. Proulx a lui-même confirmé qu'il n'avait pas terminé son cours dans un bref communiqué envoyé aux médias, vendredi, invoquant un manque d'argent et de temps lié à ses fonctions de porte-parole des carrés verts du Mouvement des étudiants socialement responsable (MERSQ).
Cet abandon soulève des contradictions dans le discours de l'étudiant, qui avait plaidé que son cours d'anthropologie était un des trois cours préalables qu'il devait terminer pour être admis en droit.
«S'il ne peut compléter les trois cours "prérequis", son admission dans un programme régulier au mois de septembre 2012 est compromise», écrivait le juge Bernard Godbout dans sa décision de lui accorder une injonction provisoire. Laurent Proulx n'a pas voulu commenter lorsque Le Soleil l'a joint vendredi en matinée. «Ce que je fais avec mes cours, ça regarde juste moi», a dit l'ancien militaire de 24 ans, qui a d'abord refusé de confirmer l'abandon de son cours.
«Ce qui est à l'origine de mon combat pour l'injonction, c'est de libérer l'accès au cours, a-t-il ensuite ajouté. Il a été libéré.»
Le premier
Début avril, Laurent Proulx avait été le premier étudiant à obtenir une injonction pour interdire aux étudiants en grève de bloquer l'accès à son cours. Il avait plaidé seul contre les avocats de l'Université Laval, de la Confédération des associations d'étudiants et étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), de l'association des étudiants en sciences sociales et de l'association des étudiants en anthropologie.
Fin avril, il avait toutefois abandonné son injonction, expliquant que les cours se dérouleraient désormais à distance. L'étudiant indiquait aussi qu'il avait été admis en droit à l'Université Laval, pourvu qu'il réussisse son cours d'anthropologie, une exigence qui semble avoir disparu depuis.
Directrice des programmes de premier cycle à la Faculté de droit, Anne-Marie Laflamme n'a pas voulu commenter l'abandon de Laurent Proulx, hier. Mais elle a expliqué que pour des étudiants adultes qui n'ont pas de diplôme collégial - comme M. Proulx -, la Direction générale des programmes de premier cycle recommande des cours à compléter et sa faculté détermine si elle observe cette recommandation. «La Faculté de droit généralement la suit, précise Mme Laflamme. Mais elle n'est pas obligée de la suivre.»
Laurent Proulx a abandonné son cours à la fin mai, environ un mois après avoir annoncé son admission en droit. Entre-temps, il a été porte-parole du MERSQ.
«Mon bref engagement à titre de porte-parole auprès des étudiants socialement responsables n'étant pas rémunéré et mes dépenses de télécommunications et de déplacements n'étant pas remboursées, j'ai dû continuer à travailler en plus de mes études et de cet engagement», a-t-il indiqué hier dans le communiqué, pour expliquer l'abandon de son cours.
Pas si urgent
Ces raisons n'ont pas ému le président de la CADEUL, Martin Bonneau. «Il a traîné tout ce monde-là en cour parce qu'il disait qu'il y avait une situation d'urgence. Il disait qu'il devait absolument qu'il finisse son cours et, finalement, il l'abandonne. Ça n'a plus l'air d'être nécessaire et si urgent que ça.» «Il a été accepté en droit quand même. Il n'en avait pas besoin, de ce cours-là!» s'indigne la présidente de l'association des étudiants en anthropologie, Pascale Boudreault.
«Et même s'il ne le savait pas, si tu t'en vas devant les tribunaux et que t'es pas au courant que t'en as pas besoin, je m'excuse, mais t'avais juste à t'informer comme il faut.»