Depuis le mois de mars, des manifestations nationales ont eu lieu chaque 22 du mois à Montréal. Mais cette fois, des étudiants ont organisé un rassemblement parallèle et ils ont reçu mercredi la confirmation que la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) les appuyait.
«On va mettre toute notre machine 2.0 au service de leur événement», a indiqué mercredi au Soleil le nouvel attaché de presse de la CLASSE, Ludvic Moquin-Beaudry. «J'espère qu'il va y avoir une grande participation, enchaîne la porte-parole Jeanne Reynolds. On veut que ça se régionalise, que ça sorte de Montréal.»
Joint par Le Soleil, un des organisateurs de la manifestation dans la capitale, qui a préféré taire son nom par crainte de représailles liées à la loi 78, espère que le rassemblement bénéficiera de l'engouement général pour la Saint-Jean à Québec.
«Il y a beaucoup de gens de partout dans la province qui viennent à Québec le 23, et là, on leur dit : vous avez une raison de venir une journée à l'avance», dit-il.
Pour l'instant, la manifestation nationale ne devrait pas se répéter le lendemain pour la Saint-Jean. Et les organisateurs de la manifestation du 22 n'ont pas prévu défier les mesures que le maire de Québec, Régis Labeaume, a instaurées l'an dernier pour interdire l'alcool dans un vaste périmètre sur la colline parlementaire. «On ne va pas là pour faire chier Labeaume», dit l'organisateur.
Toutefois, après trois mois de conflit étudiant, l'adoption de la loi 78 et des milliers d'arrestations au Québec, la Saint-Jean sur les plaines d'Abraham, le 23 juin, «va avoir une valeur beaucoup plus symbolique, ça va être une Saint-Jean beaucoup plus chargée», dit-il.
En attendant, les organisateurs de la manifestation nationale du 22 juin à Québec tentent de faire le plein de marcheurs. Sur la page Facebook de la manif, créée par un groupe nommé les Théoriciens, plus de 4000 personnes indiquent qu'elles seront présentes.
Raisons pour manifester
Sur cette page, mercredi, un étudiant de l'Université Laval du nom (ou pseudo) de Vincey Gagné énumérait les raisons pour aller manifester à Québec. La capitale, estimait-il, a «besoin d'être mobilisé[e] et conscientisé[e] davantage»; en l'absence de métro, elle «est facilement paralysée comparativement à Montréal»; «beaucoup de régions avoisinantes pourront se déplacer plus facilement»; et elle bénéficie du «symbolisme politique» de l'Assemblée nationale.
L'étudiant soulignait aussi que plusieurs personnes voulaient camper devant l'Assemblée nationale la fin de semaine de la Saint-Jean. Et, comme dernière raison, il ajoutait : «Labeaume ne veut pas nous voir.»
Même si la CLASSE organise un rassemblement le même jour dans la métropole, des étudiants d'un peu partout dans la province semblent avoir l'intention d'aller manifester à Québec.
Le transport commence déjà à s'organiser. Mercredi, par exemple, l'association des étudiants du Cégep de Saint-Jérôme affichait ses coordonnées pour organiser un voyage en autobus à partir de cette ville des Laurentides. Des étudiants ont aussi créé une page pour ceux qui cherchent du covoiturage ou un toit pour la fin de semaine.
La manifestation devrait débuter à 14h devant l'Assemblée nationale et se terminer vers 19h. Mais, selon M. Gagné, «plusieurs personnes resteront sur place pour la manif et la Saint-Jean le lendemain... Alors tout peut arriver».