La CLASSE craint de se retrouver dans le rouge

La CLASSE appréhende notamment que la contestation juridique...

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La CLASSE appréhende notamment que la contestation juridique de la loi 78 pèse lourd sur ses finances.

Marc Allard

Marc Allard
Le Soleil

(Québec) Après trois mois de conflit étudiant, les finances de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) s'épuisent.

La CLASSE craint de se retrouver dans le rouge et a lancé une campagne de financement pour renflouer ses coffres. «Si on veut continuer la lutte en août et septembre prochains et pendant tout l'été, on n'a pas le choix de se retourner vers des dons des particuliers, des organisations syndicales ou communautaires pour pouvoir avoir les reins les plus solides possible», indique Philippe Ethier, responsable des finances de la CLASSE.

La Coalition appréhende notamment que la contestation juridique de la loi 78 pèse lourd sur ses finances. Avec la Fédération étudiante universitaire du Québec, la Fédération étudiante collégiale du Québec, la Table de concertation étudiante du Québec et 70 organisations syndicales, sociales, environnementales et communautaires, la CLASSE fait partie des demandeurs qui ont déposé vendredi deux requêtes visant à contrer la loi spéciale du gouvernement Charest.

Contrairement aux trois autres associations étudiantes, qui font affaire avec la clinique Juripop, la CLASSE a embauché un cabinet d'avocat spécialisé en droit du travail - Melançon, Marceau, Grenier et Sciortino - pour mener cette bataille devant les tribunaux avec Juripop.

L'avocat Giuseppe Sciortino, qui travaille sur ce dossier et défend Gabriel Nadeau-Dubois contre une accusation d'outrage au tribunal, offre un rabais à la CLASSE, qui doit tout de même payer ses honoraires.

Seulement pour défendre ses membres contre des injonctions, la CLASSE a dépensé 40 000 $ en frais d'avocat, indique M. Ethier. Le montant de la facture pour la contestation de la loi 78 n'est pas encore fixé puisque celle-ci commence tout juste.

Tournées de mobilisation

Parmi les autres dépenses importantes, les «tournées de mobilisation», qu'une vingtaine de représentants de la CLASSE ont effectuées à travers le Québec dès septembre 2011 et au moment où les universités et les cégeps se prononçaient sur la grève, ont coûté 50 000 $, poursuit le responsable des finances.

En incluant les dons, la CLASSE a fonctionné avec un budget d'environ 250 000 $ depuis le début du conflit étudiant.

La campagne de financement de la CLASSE, affichée sur le site Internet bloquonslahausse.com, s'est amorcée la semaine dernière. Elle a permis jusqu'à maintenant de récolter plus de 8000 $ provenant de particuliers. Quelques dons provenaient du Canada anglais, notamment de Vancouver, d'Edmonton et du Nouveau-Brunswick.

Des organisations syndicales québécoises et canadiennes, comme la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et deux sections ontariennes du Syndicat canadien de la fonction publique, avaient déjà donné environ 45 000 $ à la CLASSE. Durant les deux dernières semaines, elles ont fourni 10 000 $ de plus à la coalition étudiante.

Depuis l'automne, la CLASSE a aussi reçu pour 50 000 $ de contributions pour financer un fonds légal destiné à payer les honoraires des avocats qui assurent la défense de ses membres qui ont été arrêtés et ont reçu des constats d'infraction lors de manifestations. La Coalition espère récolter 90 000 $ pour ce fonds.

Le conflit étudiant a maintenant franchi le cap des 110 jours et la CLASSE anticipe une prolongation au moins jusqu'à la rentrée en septembre.

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