Olivier Desjardins est étudiant en droit. Son intérêt se porte aussi sur la théologie, qu'il compte un jour étudier. La semaine dernière, il a proposé à l'abbé Gérard Busque de la paroisse Saint-Sacrement de Québec d'inviter ses ouailles à prier pour un règlement qui satisfera les deux parties.
«J'ai des amis de tous les milieux : des libéraux, des péquistes, gens contre la grève, pour la grève. Je suis contre la grève et pour une certaine hausse. Je voulais une solution équitable pour tous. Je suis conscient de l'importance de la paix parce que je travaille pour le 22e Régiment. Je crois que le chrétien, le catholique a quelque chose à apporter à la société. La moyenne d'âge est de 80 ans dans les églises. On ne descendra pas dans les rues. Ce qu'on peut faire, c'est la prière.»
Son ami de longue date Louis-Philippe Boulianne est un de ceux qui manifestent contre la hausse. Il trouvait important d'accepter l'invitation de M. Desjardins. «C'est quand même une bonne idée. Le Québec est de plus en plus séparé entre deux camps assez distincts. Après le conflit, on va continuer à vivre dans la même société, à partager les mêmes institutions. Même si on diverge d'opinions, il faut qu'on soit capable de dialoguer», raconte celui qui ne se dit pourtant «pas religieux».
Le père Busque était heureux de l'initiative, d'autant plus que son église est désignée comme sanctuaire de prière pour la paix. «J'ai senti l'accueil très bon. [...] C'est un défi de bâtir la paix en étant de ceux qui savent dénoncer la violence et promouvoir le dialogue, la négociation, l'ouverture l'un à l'autre», insiste le prêtre.
Hier, 150 paroissiens ont participé à cette messe, dont des étudiants. «Si ça ne donne rien, ça nous aura rassemblés. Le dialogue, c'est nécessaire. Avec cette crise, on prend conscience comment la paix est un cadeau», conclut M. Desjardins.