Le défi de la CLASSE: régionaliser la mobilisation

Équipées de parapluies, d'imperméables, de bottes de pluie... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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Équipées de parapluies, d'imperméables, de bottes de pluie et surtout de casseroles, des centaines de personnes ont répondu à l'appel de la CLASSE et participent à la manifestation.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

Ian Bussières
Le Soleil

(Montréal) Alors que plusieurs milliers de personnes ont bravé la pluie à Montréal pour la grande manifestation familiale de samedi après-midi contre la hausse des droits de scolarité, elles n'étaient qu'une poignée à la manifestation prévue en début d'après-midi dans la capitale. Cette situation démontre bien le défi qu'aura à relever la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), dont le porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a annoncé samedi vouloir profiter de l'été pour régionaliser la mobilisation.

«Ce sera un défi de garder la mobilisation au même niveau durant l'été. Je crois qu'on va assister à une régionalisation, alors que plusieurs étudiants vont retourner dans leur famille en région. Je crois que les manifestations seront plus petites, mais plus nombreuses un peu partout au Québec. Demain [aujourd'hui], nous annoncerons aussi plusieurs rendez-vous montréalais pour maintenir la mobilisation à Montréal», a déclaré M. Nadeau-Dubois au début de la manifestation qui regroupait au départ un peu plus de 5000 personnes, mais qui en a vu plusieurs milliers s'ajouter au fil de la marche de trois heures à travers les rues du Plateau-Mont-Royal.

Questionné au sujet de l'absence relative de manifestants hier à Québec, Gabriel Nadeau-Dubois a parlé d'une dynamique particulière à la région de Québec. «Il y avait moins d'étudiants en grève à Québec, mais il faut aussi tenir compte de la température et du fait que la manif de Québec n'avait été appelée par aucune organisation. C'est souvent plus difficile d'organiser quelque chose dans ces circonstances.» La co-porte-parole de la CLASSE Jeanne Reynolds a pour sa part souligné la popularité des manifestations nocturnes dans la capitale.

Dans le calme

En fin de journée, des représentants de la CLASSE risquaient le chiffre de 25 000 participants à leur manifestation montréalaise. Même si le trajet de la marche n'avait pas été remis aux autorités policières, tout s'est déroulé dans le calme et dans une ambiance festive sous escorte policière. Deux policiers qui ne revêtaient pas l'uniforme, mais portaient un dossard du Service de police de la Ville de Montréal, accompagnaient même les marcheurs.

Les agents Michael Arruda et Stéphane Eid ont suscité des questions de la part de plusieurs manifestants. «Nous ne sommes pas là pour arrêter les gens, ni pour les espionner, mais pour créer des liens, démystifier le travail de la police et pour agir comme médiateurs. Par exemple, si nous voyons un gars avec un masque, nous ne l'arrêterons pas, mais nous pourrions lui dire que si un autre policier le voit, il pourrait recevoir une amende», explique l'agent Arruda.

«Nous faisons ce travail dans plusieurs manifestations et nous avons une très bonne collaboration de la part des gens. Ils nous disent que notre présence contribue à changer l'image de la police», enchaîne l'agent Eld.

Grand Prix

Les manifestants ayant souvent fait référence dans leurs slogans au Grand Prix du Canada qui se déroulera en fin de semaine prochaine sur le circuit Gilles-Villeneuve, Gabriel Nadeau-Dubois a dû répondre à quelques questions des médias au sujet des plans de la CLASSE pour cet événement sportif.

«Ce sera une action de visibilité et d'information. On veut se servir des grands événements qui auront lieu cet été à Montréal comme tribune pour se faire entendre et se faire voir. L'objectif n'est pas d'empêcher les gens d'y participer ou de mettre leur sécurité en danger. On distribuera de l'information et des carrés rouges pour que les touristes comprennent qu'il se passe quelque chose ici, qu'ils sachent pourquoi ils voient des manifestants à la télé.»

La CLASSE n'ira toutefois pas jusqu'à se doter d'un service d'ordre pour éviter des débordements lors de ses actions au Grand Prix du Canada. «Nous n'engagerons pas un service d'ordre, surtout que nous sommes déjà en difficultés financières. De toute façon, il existe déjà un service de sécurité au Grand Prix», conclut Jeanne Reynolds.

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