Suspension du fonctionnaire ayant incité à défier les étudiants en grève

Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard (photo),... (Photo Jacques Boissinot, PC)

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Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard (photo), a rendu publique la sanction contre le directeur général de la fiscalité de son ministère, Bernard Guay. Ce dernier avait suggéré dans une lettre ouverte au Soleil d'utiliser des méthodes fascistes contre la grève étudiante.

Photo Jacques Boissinot, PC

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Le haut fonctionnaire qui avait suggéré dans une lettre ouverte au Soleil de s'opposer aux grèves étudiantes en s'inspirant des fascistes des années 20 et 30 pour appliquer «aux gauchistes leur propre médecine» a été suspendu sans solde pendant deux semaines.

Le ministre des Affaires municipales a rendu publique la sanction, mercredi, à la sortie de la période des questions à l'Assemblée nationale. Laurent Lessard a ainsi répondu au critique du Parti québécois Stéphane Bergeron, qui lui reprochait de ne pas «s'être ému outre mesure» des propos du directeur général de la fiscalité de son ministère, Bernard Guay.

La publication de la missive de cet employé de l'État avait soulevé les passions. Il recommandait aux «opposants aux grèves [étudiantes de] cabaler, [de] s'organiser pour franchir en masse les lignes de piquetage, d'apostropher les porteurs de carrés rouges et [de] répondre à l'intimidation par le défi».

Des lecteurs ont réagi avec colère à cette opinion. Le Soleil a retiré la lettre de son site Internet et s'est excusé de l'avoir mis en ligne.

Jusqu'à mercredi, le Ministère avait évité de préciser quelle peine avait été infligée à M. Guay. Laurent Lessard a révélé la sanction appliquée en vertu des «règles d'éthique. Ce qui est recommandé, c'est deux semaines sans solde, à la maison. C'est ce qui a été appliqué par le sous-ministre».

«Deux poids, deux mesures»

En Chambre, le député du Parti québécois Stéphane Bergeron s'est demandé si le gouvernement de Jean Charest ne faisait pas preuve d'une attitude de «deux poids, deux mesures. Pourquoi ce gouvernement est-il si dur avec ceux qui contestent la loi spéciale et si mou avec ceux qui réclament une répression violente des étudiants?»

M. Bergeron a fait allusion au fonctionnaire Bernard Guay pour ce qui est de la mollesse, et il s'est porté à la défense de l'avocat François Desroches, qui a fait les frais d'une colère du ministre des Transports Pierre Moreau. Celui-ci a réclamé les sanctions les plus sévères contre le procureur qui a instauré la démonstration des juristes contre la loi 78.

«Le ministre affirme que les fonctionnaires doivent faire preuve de réserve dans les manifestations de leur opinion et que le juriste qui a organisé la marche doit donc être sévèrement sanctionné. Pourtant, quand dans une lettre ouverte un haut fonctionnaire des Affaires municipales a prôné l'utilisation de méthodes fascistes pour combattre les étudiants, aucun ministre ne s'est ému outre mesure», a lancé M. Bergeron avant que Laurent Lessard dévoile que ce fonctionnaire avait été suspendu.

Un autre membre de la députation péquiste, Nicolas Girard, s'est aussi élevé contre la réaction gouvernementale envers l'avocat de la Société de l'assurance automobile du Québec qui a mis sur pied un événement «pacifique». L'élu s'est demandé «où s'arrêtera l'ingérence du Parti libéral du Québec». Nicolas Girard a déposé une note de service, qui a circulé au ministère de l'Éducation, au début du mois de mai, suggérant que les fonctionnaires devraient s'abstenir de porter le carré rouge des partisans du gel des droits de scolarité.

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