Conflit étudiant: Jean-François Morasse explique sa colère

Jean-François Morasse et son avocat, Me Maxime Roy,...

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Jean-François Morasse et son avocat, Me Maxime Roy, auront le fardeau de la preuve dans cette poursuite d'outrage au tribunal.

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil

(Québec) Avant la déclaration de Gabriel Nadeau-Dubois sur RDI, Jean-François Morasse avait été piqué au vif par un discours du porte-parole de la CLASSE dans lequel celui-ci évoquait un «p'tit con» qui avait obtenu une injonction.

Une vidéo de ce discours, prononcé le 7 avril au Monument-National, à Montréal, est devenue virale sur YouTube, et s'est retrouvée sur l'ordinateur de M. Morasse quelques jours plus tard.

«On a raison de ne pas se laisser impressionner par les injonctions d'un p'tit con qui a perdu son débat en assemblée générale et qui a des parents assez riches pour se payer un avocat, disait Gabriel Nadeau-Dubois. On a raison de se battre contre ça.»

Lorsqu'il a vu la vidéo, Jean-François Morasse venait d'obtenir une injonction pour empêcher les grévistes de bloquer un de ses cours d'arts plastiques. Il dit avoir été insulté par les propos de M. Nadeau-Dubois, bien qu'il savait que ceux-ci visaient Laurent Proulx, le premier étudiant de l'Université Laval à obtenir une injonction, le 3 avril.

«Ça m'a vraiment choqué, dit M. Morasse. Qu'on soit porte-parole de la CLASSE ou pas, on n'a pas à agir comme ça. Surtout qu'à ce moment-là, Laurent Proulx m'avait carrément sauvé la vie. À mes yeux, c'était un dieu.»

L'étudiant en arts plastiques de 25 ans se sentait tout de même indirectement visé par les attaques de M. Nadeau-Dubois. Il s'est donc fait une promesse : «S'il dit la même chose sur moi, je ne laisserai pas ça aller.»

C'est finalement le 13 mai, alors qu'il regardait RDI chez lui, que Jean-François Morasse a entendu la déclaration du porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante. La semaine suivante, il déposait une requête en Cour supérieure pour outrage au tribunal.

Réaction de Gabriel Nadeau-Dubois

Mardi, Gabriel Nadeau-Dubois a dénoncé la requête de Jean-François Morasse comme un «règlement de comptes». Il s'est aussi défendu d'avoir visé précisément Laurent Proulx dans son discours au Monument-National, que l'avocat de M. Morasse a l'intention de produire en preuve.

Portant le carré vert dans un des bastions de la grève à l'Université Laval, Jean-François Morasse dit avoir été beaucoup affecté par le piquetage de ses cours. «J'étais complètement déprimé, j'ai fait des crises de panique en plein milieu de l'école, j'étais incapable de dormir correctement.»

L'étudiant, qui souffre d'un trouble de l'attention avec hyperactivité (TDAH), dit avoir connu «échec sur échec» à l'école. Après un burn-out l'an dernier, il sentait qu'il avait repris les choses en main au certificat en arts plastiques et qu'il était sur la bonne voie pour être admis en design graphique. Mais la grève menaçait de retarder d'un an et demi son admission, dit-il.

Malgré tout, Jean-François Morasse se défend de poursuivre Gabriel Nadeau-Dubois pour se venger des carrés rouges et de leur leader le plus frondeur. «Ce n'est pas politique, ma démarche, assure-t-il, c'est juridique.»

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