Conflit étudiant: Québec prêt à réduire sa hausse

Martine Desjardins (FEUQ), Léo Bureau-Blouin (FECQ) et Gabriel... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Martine Desjardins (FEUQ), Léo Bureau-Blouin (FECQ) et Gabriel Nadeau-Dubois (CLASSE) semblaient heureux de la tournure des négociations, en fin de soirée, mardi.

Le Soleil, Yan Doublet

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Après 16 semaines de refus catégorique, le gouvernement Charest accepte de revoir à la baisse son augmentation des droits de scolarité. Reste à s'entendre avec les étudiants sur le montant en jeu.

Les leaders des associations étudiantes sont sortis tard mardi soir de leurs négociations avec la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne. Ils seront tous de retour mercredi pour poursuivre les discussions.

«Vous comprendrez que si on reste à la table et qu'on considère que ça vaut la peine, c'est que oui, on parle évidemment des droits de scolarité», a commenté la présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), Martine Desjardins. «Donc, vous aurez compris que les propositions qui sont là sont quand même intéressantes», a-t-elle ajouté.

Depuis le début de la crise, le gouvernement Charest a toujours refusé de «refiler à quelqu'un d'autre» ce qu'il considère être la «juste part» des étudiants dans la facture de leur éducation.

Selon nos informations, à partir du moment où le gouvernement accepte de réduire sa hausse, il faut s'entendre pour une méthode de calcul. Il y aurait «un monde de différences» entre les méthodes privilégiées de chaque côté de la table. La différence entre une entente acceptable ou non pour les étudiants.

«On a soumis plusieurs scénarios à la partie gouvernementale et on s'attend à des réponses demain», a souligné le président de la Fédération étudiante collégiale (FECQ), Léo Bureau-Blouin.

Il n'en demeure pas moins que le tango des négociations est bel et bien enclenché. Assez pour que le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) Gabriel Nadeau-Dubois fasse preuve d'optimisme. «On va prendre la soirée et la matinée pour évaluer les scénarios et reprendre les discussions demain [mercredi] en espérant ressortir de là avec une offre à soumettre à nos assemblées générales.»

La ministre Courchesne n'a pas réagi mardi soir. À son arrivée, en après-midi, elle avait néanmoins vanté «l'ouverture» dont ont fait preuve les étudiants la veille.

Plus tôt dans la journée, il est clairement apparu que les associations étudiantes voulaient d'abord et avant tout régler la question des droits de scolarité. Même si l'enjeu de la loi spéciale 78 était l'une de leurs deux conditions préalables à la négociation.

«La grève, elle porte sur les droits de scolarité, a affirmé M. Nadeau-Dubois, de la CLASSE, au retour de la pause du souper. On discute de ça. Pour nous, c'est déjà un très bon début.»

De son côté, M. Bureau-Blouin, de la FECQ, s'attendait à ce que la loi 78 soit abordée «potentiellement plus tard» lors des négociateurs.

Quelques centaines de manifestants

Malgré plus de 80 arrestations la veille, quelques centaines de manifestants se sont à nouveau massés devant l'édifice de la Banque Nationale, à Québec, où se déroulaient les pourparlers.

Les étudiants sont arrivés à la table dans l'attente d'une offre du gouvernement. Elle est venue sous forme de «paramètres» sur lesquels les associations ont dû se baser pour soumettre des propositions. Le dialogue de sourds des trois derniers mois a donc fait place à une vraie dynamique de négociation.

Le gouvernement Charest a décidé de hausser les droits de scolarité de 254$ par année pendant sept ans, une augmentation totale de 1778$ en bout de course. Après de nombreuses protestations, il a instauré un régime de remboursement proportionnel au revenu (RPR) et bonifié le programme de prêts et bourses.

Depuis la reprise des discussions, une ouverture a aussi été montrée par le gouvernement sur la tenue d'un forum sur l'avenir des universités, a noté le porte-parole de la CLASSE.

«Ça a toujours été une partie importante de nos revendications, a souligné M. Nadeau-Dubois. Il reste un débat de fond à avoir. Un forum large sous la forme d'états généraux serait un lieu propice à ce genre de réflexion.»

La rencontre entre les parties s'est terminée vers 10h30. «On prévoit garder un horaire stable, a dit Martine Desjardins, de la FEUQ. Ça nous permet tout le monde de prendre un peu de recul, d'aller dormir. Ç'a été très profitable dans les derniers jours. On va continuer là-dessus.» La réunion de mardi soir devait être terminée «avant minuit».

Le Conseil des ministres se réunira aujourd'hui, et un souper entre le premier ministre Jean Charest et ses députés est prévu en soirée. L'attaché de presse du premier ministre assure que le souper n'est en aucun cas lié à la crise sociale qui découle de l'augmentation des droits de scolarité.

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