Les leaders étudiants dénoncent les arrestations à Québec

Les policiers de Québec ont arrêté 84 manifestants,... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Les policiers de Québec ont arrêté 84 manifestants, lundi soir.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Les leaders étudiants dénoncent à l'unisson les arrestations massives faites lundi par la police de Québec en face des lieux mêmes où se déroulent les négociations.

«Ce sont des arrestations arbitraires, presque aléatoires, a déploré Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE. Ça commence à devenir une très mauvaise habitude au service de police de Québec de procéder à des arrestations de masse lors de manifestations pacifiques.»

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, qui se demandait lundi sur son fil Twitter s'il s'agissait «d'arrestations politiques», trouve étrange qu'elles aient eu lieu si près de l'édifice où se déroulent les pourparlers.

«On se demande pourquoi on a attendu ici alors que la manifestation était déclarée illégale depuis le début, remarque Mme Desjardins. Est-ce que c'était planifié? Est-ce que c'était un geste pour mettre de la pression sur les négociations? On trouve ça déplorable.»

Lundi, le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, a tenté d'obtenir des forces de l'ordre qu'elles laissent partir les manifestants. Quatre-vingt-quatre se sont retrouvés sous les verrous.

«On voulait éviter les arrestations de masse et que des jeunes se ramassent avec des tickets de 600 $, a-t-il commenté. La façon dont le service de police a agi, je pense que c'était démesuré. Les gens auraient pu se disperser. Il y a beaucoup de gens qui voulaient s'en aller pacifiquement. Pourquoi utiliser la répression plutôt que la discussion pour régler la crise?»

Il entend aujourd'hui aborder la question avec la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne. «On va dire à la ministre qu'il y a des jeunes de partout au Québec qui croient en ce qu'ils font. Ils sont inquiets pour l'avenir de leur démocratie, ils veulent s'impliquer et ils demandent à être écoutés. On a eu la démonstration hier [lundi] que ce n'est pas juste quelques têtes brûlées qui se mobilisent. C'est des milliers d'étudiants qui se battent parce qu'ils veulent un Québec à leur image.»

Si tous ont souhaité poursuivre les négociations, M. Nadeau-Dubois juge que les arrestations ont une mauvaise incidence sur le climat autour de la table.

«Ce n'est pas le genre d'événement qui renforce le lien de confiance et qui instaure un climat propice au dialogue, dit-il. Le gouvernement libéral nous a demandé de favoriser un climat propice à la discussion. Mais procéder à une arrestation de masse au pied de l'immeuble dans lequel ont lieu les négociations, c'est pas un geste noble.»

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