Conflit étudiant: une entente en émergence

Au sortir de leur rencontre avec la ministre... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Au sortir de leur rencontre avec la ministre Michelle Courchesne, les représentants étudiants n'ont pas voulu commenter les pourparlers. «[Les discussions] vont se poursuivre demain [mardi]», a déclaré Léo Bureau-Blouin de la Fédération étudiante collégiale (FECQ), à l'intention des manifestants.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Les négociations ont tenu le coup avec les représentants étudiants, lundi. Dans l'espoir d'éviter des arrestations, le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, a même révélé être proche d'une entente.

«On est près d'en arriver à un règlement», a dit M. Bureau-Blouin à un groupe de manifestants que la police allait mettre en arrestation. Il souhaitait que ceux-ci se dispersent plutôt que d'être coffrés.

«Les discussions se poursuivent, a-t-il ajouté aux manifestants. Elles vont se poursuivre demain [mardi]. Si aujourd'hui [lundi] on est capable d'éviter des arrestations ou des choses qui virent mal, on va réussir à en arriver avec quelque chose de bien.»

Rien n'y a fait. Les 84 manifestants ont quand même été embarqués un à un. Même le négociateur de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Philippe Lapointe, a préféré se faire arrêter plutôt que d'accepter un sauf-conduit par la porte arrière. Il a été relâché peu avant minuit.

Pas de psychodrame

Au sortir de leur rencontre avec la ministre Michelle Courchesne, qui s'est étendue de 14h30 à 22h, les représentants étudiants n'avaient pas voulu commenter les pourparlers. «Nous allons nous revoir à 13h», a simplement déclaré Martine Desjardins, de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ). «On ne veut pas nuire à la suite des discussions», a affirmé M. Bureau-Blouin, de la Fédération étudiante collégiale (FECQ).

Assez tôt, il est apparu que les leaders étudiants et la ministre Michelle Courchesne allaient éviter un nouveau psychodrame autour de la table de négociations.

Une partie de la soirée a été consacrée à établir un cadre de négociation et à établir les «procédures» des pourparlers. Il a ensuite été possible d'entrer «dans le vif du sujet», nous a-t-on dit.

Contrairement au marathon de négociation de 22 heures des 4 et 5 mai, les négociateurs ont bénéficié de pauses, et d'un arrêt pour le souper. À la pause du souper, l'attachée de presse de la ministre Michelle Courchesne a indiqué que les pourparlers pourraient s'étendre sur «quelques jours».

Dès leur arrivée, les leaders étudiants ont clairement indiqué que les enjeux des droits de scolarité et de la loi 78 devaient faire partie des pourparlers pour dénouer la crise qui perdure depuis 106 jours.

«Si Mme Courchesne refuse d'aborder les frais de scolarité et la loi 78, c'est sûr qu'on peut sérieusement douter du temps qu'on va passer autour de la table», disait le porte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois. Ce dernier ne s'est pas présenté aux médias en fin de soirée.

Courchesne n'est «fermée à rien»

Les trois principales associations étudiantes s'étaient préalablement rencontrées pour établir les points de convergence de leurs positions respectives. Mais elles n'avaient toutefois aucune offre commune à déposer à la table.

«Nous, on considère que c'est la responsabilité du gouvernement de répondre à nos demandes, a déclaré M. Nadeau-Dubois. Nous sommes en grève.»

À son arrivée, la ministre Michelle Courchesne s'est dite consciente de «l'obligation de résultat» du gouvernement et des associations étudiantes. «Je me présente ici sans être fermée à rien, avec ouverture», a-t-elle affirmé.

Les étudiants estiment que leur position dans le rapport de force s'est améliorée depuis le dépôt de la loi spéciale. La grogne soulevée par la législation et la suspension des sessions offre une nouvelle dynamique, note Léo Bureau-Blouin. «La balle est beaucoup dans le camp du gouvernement, a-t-il noté. Depuis le début, on met beaucoup de pression sur les associations étudiantes pour trouver des solutions. On a bien hâte de voir ce que le gouvernement a comme solution à apporter.»

«On apprend de nos erreurs»

Il n'était pas question lundi pour les leaders étudiants de se laisser imposer des pressions pour un règlement rapide. Il n'y avait aucun chef syndical ou dirigeant de cégep et d'université autour de la table. «Il n'y aura aucun blitz de négociations, a déclaré Martine Desjardins. On a vu la dernière fois ce que ça avait donné. Souvent, la fatigue nous amène à ne pas être très clairs dans le détail des ententes. On apprend de nos erreurs.»

Si les négociations devaient déboucher sur une entente de principe, elle serait soumise aux membres des associations. Les représentants de la FEUQ et la FECQ semblent enclins à recommander l'adoption d'une entente qui leur paraît satisfaisante, mais pas la CLASSE.

Il s'agit de la quatrième rencontre entre une ministre de l'Éducation du gouvernement Charest et les représentants étudiants. Une entente de principe a été ratifiée le 5 mai, mais elle a été rejetée par la base étudiante. Il n'y était pas question des droits de scolarité, mais plutôt de la réduction des frais afférents à partir d'économies réalisées dans le réseau universitaire. Un comité provisoire devait identifier ces économies. Au gouvernement, plusieurs ont été irrités que les représentants étudiants ne défendent pas l'entente de principe qu'ils avaient signée.

La requête en sursis contre la loi 78 ne sera finalement pas entendue mercredi, mais bien vendredi, nous dit-on, pour une question de disponibilité de la cour.

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