Les étudiants réclament Charest à la table de négociations

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La présidente du Conseil du trésor et ministre de l'Éducation a confirmé jeudi que des contacts avaient eu lieu avec les étudiants. «Il y aura vraisemblablement des rencontres, mais de chaque côté, nous avons convenu que nous prendrions le temps de préparation nécessaire, a indiqué Michelle Courchesne.

Photo archives La Presse

 

Marc Allard et Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Les fédérations étudiantes universitaire (FEUQ) et collégiale (FECQ) du Québec réclament la présence de Jean Charest lors des négociations qui vont s'amorcer en début de semaine prochaine avec
le gouvernement.

 

 

La FEUQ et la FECQ ont demandé au cabinet de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, que M. Charest participe directement aux pourparlers, mais sans en faire une condition.

Après l'échec des négociations précédentes, le «premier ministre pourrait donner de la crédibilité à l'exercice en se présentant et en démontrant qu'il prend ça au sérieux», explique le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. «Si on pouvait s'adresser directement à la personne qui prend les décisions, ça simplifierait les choses».

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, est sur la même longueur d'onde. «Ça ferait accélérer le processus de façon assez exponentielle. La dernière fois, il y avait soit Mme Beauchamp, soit Mme Courchesne qui quittait la table pour aller discuter avec le cabinet pur vérifier certains éléments. Déjà, avoir la personne devant nous, ça nous permettrait de valider rapidement des informations.»

Attaqué sur son absence autour de la table de négociation, le premier ministre Jean Charest a assuré, jeudi, être associé de près aux discussions avec les étudiants. «Je veux dire à tous les Québécois que c'est tout le gouvernement qui travaille pour que nous puissions le plus rapidement possible assurer la paix sociale, s'est expliqué Jean Charest. Et je suis le premier à m'impliquer dans ces efforts. Nous le faisons en équipe.»

Une ligne qui a été reprise par Michelle Courchesne, interrogée sur l'impact d'une implication du premier ministre. «Depuis le début, avec Line Beauchamp ou moi, le premier ministre est constamment à nos côtés, a-t-elle insisté. Il fait partie des discussions et des décisions. [...] N'ayez aucun doute. M. Charest est le premier ministre, le chef, et il est très étroitement associé» aux discussions.

Après les FECQ et FEUQ, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et la Table de concertation étudiante (TaCEQ) ont été contactées, jeudi, par le cabinet de la ministre Courchesne à propos de la reprise des négociations. Comme la CLASSE tient son congrès hebdomadaire durant la fin de semaine, les pourparlers ne seront pas rétablis avant le début de la semaine prochaine.

Détails pratiques à régler

Les étudiants attendent une réponse du gouvernement sur une date et une heure précise. Le lieu reste aussi à déterminer entre Montréal et Québec. Selon Mme Desjardins, il semble acquis que les négociations se dérouleront en l'absence des recteurs, de la Fédération des cégeps et des syndicats, comme lors des précédentes discussions. En attendant la table, les deux parties tentent de s'entendre sur un ordre du jour, ce qu'ils n'avaient pas fait la dernière fois, souligne Martine Desjardins.

«On a décidé de s'entendre préalablement là-dessus parce que dans une négociation, il faut que les deux parties retrouvent les points dont elles veulent discuter.»

La présidente du Conseil du trésor et ministre de l'Éducation a confirmé jeudi que des contacts avaient eu lieu avec les étudiants. «Il y aura vraisemblablement des rencontres, mais de chaque côté, nous avons convenu que nous prendrions le temps de préparation nécessaire, a indiqué Mme Courchesne. Parce que ce sera une rencontre très importante, on veut mettre de part et d'autre toutes les chances de réussite de notre côté.»

Une nouvelle ronde de négociations pour tenter de trouver une sortie de crise, qui perdure depuis plus de 100 jours, et assurer un retour en classe de tous les étudiants. La ministre refuse par contre de s'avancer sur les chances de succès de l'opération.

«Je suis une femme tenace, déterminée, affirme Mme Courchesne. Je ne peux pas me dire que ça ne fonctionnera pas. Ce serait une attitude défaitiste. Ce n'est pas ma nature, ni dans mon tempérament.»

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