L'Est-du-Québec se mobilise contre la loi 78

Plusieurs personnes qui ont pris part à la... (Collaboration spéciale Johanne Fournier)

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Plusieurs personnes qui ont pris part à la manifestation de Matane s'étaient couvert la bouche d'un ruban adhésif pour symboliser le bâillon imposé, selon eux, par la loi 78.

Collaboration spéciale Johanne Fournier

 

Johanne Fournier, collaboration spéciale
Le Soleil

(Matane) Plusieurs citoyens de l'Est-du-Québec se sont mobilisés, hier, contre l'adoption de la loi 78. Après Sept-Îles, qui a rassemblé environ 80 citoyens sur l'heure du dîner, d'autres personnes ont manifesté simultanément à 17h à Matane, à Sainte-Anne-des-Monts et à Bonaventure. À Gaspé, une marche s'est mise en branle à 19h, tandis que deux manifestations ont eu lieu aux Îles-de-la-Madeleine, l'une sur l'heure du dîner et l'autre à 17h30.

De l'avis des organisateurs de ces événements et du porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), ces mouvements de protestation se sont, en général, déroulés dans le calme.

Seule la marche de Bonaventure a pris une tournure imprévue. Bien que les organisateurs avaient fourni l'itinéraire à la police, la manifestation est devenue illégale au moment où les quelque 200 manifestants ont décidé d'improviser sur la direction à prendre et d'investir la route 132 pendant 5 à 10 minutes, sous le regard des policiers qui, selon Claude Doiron de la SQ, se sont montrés tolérants.

«Le groupe a décidé de refaire l'itinéraire à l'envers, raconte le policier. C'était la cacophonie. Pour être honnête, on a été pris de court un peu.» Quoi qu'il en soit, les agents n'ont procédé à aucune arrestation. Les manifestants ont décidé de se donner rendez-vous pour une prochaine manifestation mardi à Carleton.

À Matane, la marche a attiré une centaine de citoyens, dont plusieurs avaient collé du ruban adhésif noir sur leur bouche. «C'est pour symboliser notre indignation devant le gouvernement du Québec qui veut nous bâillonner et nous réduire au silence», a expliqué l'un des organisateurs, Jean-Sébastien Barriault.

Au même moment, à Sainte-Anne-des-Monts, quelque 70 manifestants ont marché de façon pacifique sous la pluie et dans le froid.

Sit-in sur un pont

À Gaspé, le mouvement a été organisé par l'Association générale des étudiants du Cégep de Gaspé. L'attroupement a réuni environ 200 personnes.

Les manifestants ont tenu un sit-in sur une voie du pont de Gaspé pendant environ une minute. «Les policiers qui nous escortaient ont toléré cette action, même si ce n'était pas planifié», a précisé le président de l'Association, Dave Ferguson. Les manifestants ont promis de se réunir de nouveau le 31 mai, à une heure qui n'a pas encore été déterminée.

Deux manifestations poursuivant le même objectif ont eu lieu aux Îles-de-la-Madeleine. La première, qui a eu lieu sur l'heure du dîner, était organisée par un petit groupe d'étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles, campus des Îles. Le président de l'Association générale des étudiants, Pierre-Martin Poirier, a estimé le nombre de marcheurs à 140. «Même si les cours n'ont pas été officiellement suspendus, bien peu d'étudiants sont entrés en classe», a-t-il spécifié.

À la fin de la journée, 150 personnes prenaient de nouveau d'assaut les rues de Cap-aux-Meules. «On a fait un arrêt devant le bureau du député libéral des Îles, Germain Chevarie», a précisé l'une des organisatrices, Marie-Ève Gravel.

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