Conflit étudiant: le carré rouge envahit Paris

Le carré rouge a gagné la faveur populaire, place Saint-Michel à Paris, où... (Photo: Reuters)

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Richard Boisvert
Le Soleil

(Paris) Le carré rouge a gagné la faveur populaire, place Saint-Michel à Paris, où quelques centaines de personnes se sont réunies mardi pour manifester leur appui à la cause des étudiants en grève au Québec.

Ce rassemblement contre la hausse des droits de scolarité était le premier à se tenir en dehors des frontières du Québec. Solidarité et démocratie Québec, un collectif né spontanément il y a quelques jours, s'est chargé de son organisation, a expliqué au Soleil Manuella Dufour, l'un de ses membres.

Lancée sur le coup de 18h, la manifestation s'est tenue dans le calme et en l'absence de toute force policière. Elle a pris fin vers 19h40. Au plus fort du rassemblement, la masse des jeunes et des moins jeunes arborant le carré rouge a couvert une grande partie du périmètre situé devant la fontaine monumentale. On a pu voir flotter quelques drapeaux fleurdelisés frappés d'un carré rouge, symbole de la grève qui dure depuis maintenant 100 jours. Des «Crions plus fort pour que personne ne nous ignore!» à saveur locale se sont mêlés aux «Dehors la corruption! On veut des élections!» franchement québécois.

Un manifestant français, Pierre Manganelli, s'était déplacé par solidarité pour sa fille inscrite en anthropologie à l'Université de Montréal. «C'était une manière d'être avec elle. Elle, elle manifeste en ce moment au Québec.»

Philippe, un étudiant québécois qui préfère taire son nom de famille, a quitté Montréal avant le début du mouvement. «J'ai vu la tension monter, la peur monter, la frustration monter, dit-il. C'est impossible de continuer à ne rien faire ici.»

Des orateurs se sont échangé à tour de rôle le porte-voix, la plupart du temps pour dénoncer la loi spéciale votée par l'Assemblée nationale qui limite le droit de manifester au Québec.

Christian Bizier, un étudiant en histoire à l'Université Laval qui poursuit sa formation à Paris, ce semestre, a lu le texte Un grand tonnerre du professeur Christian Nadeau. Près du jeune homme, au premier rang, se tenait la députée du Parti québécois Louise Beaudoin. Celle-ci n'a toutefois pas pris la parole.

«Cette loi est une mauvaise loi, a-t-elle déclaré au Soleil. Je suis députée, c'est bien évident que je ne dis pas qu'il faut la défier. Surtout pas. Mais quand même, je suis venue aujourd'hui appuyer le mouvement étudiant.»

Des membres du conseil municipal de Paris et des candidats aux prochaines élections législatives ont également pris part au rassemblement.

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