La loi spéciale sur la grève étudiante adoptée

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Le premier ministre Jean Charest

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) L'affaire a été classée, vendredi, peu après 17h. La loi spéciale pour briser le mouvement de grève étudiante a été adoptée par le gouvernement de Jean Charest, avec le soutien de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Après des travaux parlementaires qui ont amené les élus à passer la nuit à l'Assemblée nationale et à siéger toute la journée de vendredi, 59 députés libéraux se sont levés pour endosser la loi, à l'exception de Pierre Paradis, absent au moment du vote.

Leurs neuf vis-à-vis de la CAQ, la formation de l'ex-péquiste François Legault, les ont imités. Les caquistes ont plaidé s'être comportés en parlementaires «responsables», en endossant un projet «loin d'être parfait», mais qu'ils jugent avoir amélioré par leurs amendements.

Minoritaires, les autres partis formant l'opposition n'ont pu stopper ce qu'ils assimilent à une loi matraque. La députation de Pauline Marois (45), Amir Khadir, le seul élu de Québec solidaire, Jean-Martin Aussant, fondateur d'Option nationale, et les indépendants Lisette Lapointe et Pierre Curzi ont exprimé leur opposition.

Amir Khadir a été celui qui a été le plus loin pour contester. Devant les journalistes, il a demandé «tous les partenaires de la société», les avocats, les intellectuels, les artistes, les écologistes et les syndicats, «de réfléchir à la possibilité de désobéir à cette loi de façon pacifique».

La chef du Parti québécois a écarté toute velléité de désobéissance civile en suggérant aux leaders étudiants de faire attention devant un «premier ministre revanchard». Pauline Marois a insisté lourdement sur le fait que le mandat de gouvernement ne peut aller au-delà de l'automne 2013.

Élue, elle abrogera immédiatement la loi. Pauline Marois a avancé qu'il «sera bientôt temps de changer de gouvernement». Il sera «aussi temps de changer de pays», a-t-elle glissé, en faisant référence à l'option fondamentale du PQ, la souveraineté.

La loi devait entrer en vigueur dès hier soir, a précisé le ministre de la Justice Jean-Marc Fournier. La dizaine de modifications atténuent peu la dureté de la loi devant ramener la paix sur des campus qui sont en ébullition depuis la mi-février, il y a près de 100 jours.

Balises strictes

Les sessions des quelque 150 000 étudiants où les cours sont boycottés sont suspendues jusqu'à une reprise à la mi-août. Aucun piquet de grève ne pourra être dressé à moins de 50 mètres des cours. Les démonstrations de protestations seront encadrées par des balises très strictes dès que le nombre de participants dépassera 50 personnes.

Les amendes demeurent aussi salées que ce qui a été annoncé par le gouvernement, la veille. Les contraventions vont de 1000$ à 5000$ pour un contrevenant; de 7000$ à 35 000$ pour un dirigeant d'association; de 25 000$ à 125 000$ pour une association qui risque, en outre, de perdre les cotisations versées par les inscrits sur les campus.Le premier ministre Charest n'a pas pris part aux échanges. Il n'a pas accompagné les ministres qui ont défendu la loi, en point de presse.

La titulaire du portefeuille de l'Éducation, Michelle Courchesne, a martelé que la loi spéciale n'interdit nullement le droit de manifester. Les limitations sont raisonnables, selon les libéraux. Robert Dutil (Sécurité publique) a fait valoir, par exemple, que la Suisse et la France comptent parmi les pays où les organisateurs doivent fournir à l'avance le trajet qu'emprunteront les participants à une marche de protestation.

La fatigue et le manque de sommeil ne se sont pas traduits par des discours émotifs - ou des pleurs. C'est Henri-François Gautrin, le leader parlementaire adjoint des libéraux, dont la solidarité a été sans faille pendant l'examen de la loi, qui s'est le plus emporté.

«Une main tendue»

La loi représente «une main tendue à la jeunesse québécoise», a-t-il lancé avec une fougue inhabituelle, en fin de séance. «Vous avez le droit d'étudier», a-t-il avancé à propos des étudiants que des piquets de grève empêchent d'accéder aux cours. Il a dit «regretter» que le Parti québécois ne comprenne pas que «le vrai débat» est de préserver «droit à l'éducation et à l'enseignement».

Le chef de la CAQ a tenu Jean Charest comme responsable de la crise sociale qui n'en finit pas. La loi est «loin d'être parfaite», mais François Legault, qui ne siège pas encore comme député, estime qu'un amendement par les caquistes a «garanti la qualité du diplôme».

Il croit avoir réussi à assouplir l'encadrement des manifestations en faisant en sorte que ce soit les organisateurs, et non les policiers, qui déterminent le trajet des marcheurs. Un trajet qu'ils doivent préciser huit heures à l'avance aux policiers, question de tenir compte des quarts de travail de ces derniers, a indiqué la ministre Courchesne.

Des élus y ont été de tentatives de la dernière chance pour barrer la route vers l'adoption de la loi. Jean-Martin Aussant a exhorté le lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne à ne pas sanctionner la loi. Pierre Curzi a voulu transformer son temps de parole en une minute de silence pour que les libéraux réfléchissent avant de voter. En vain.

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