Conflit étudiant: les libéraux font aussi des heureux

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

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Étudiant au deuxième cycle à l'Université Laval, Vincent Roy Turgeon estime que le gouvernement a fait son bout de chemin.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) Alors que les étudiants en grève ne décolèrent pas au lendemain de l'annonce du dépôt du projet de loi spéciale, ceux qui n'ont pas voté en faveur de celle-ci se disent plutôt soulagés. Même son de cloche du côté de plusieurs citoyens de Québec qui estiment qu'il était grand temps que le gouvernement Charest mette son poing sur la table.

«Ça a perduré beaucoup trop longtemps, ce conflit-là!» lance Eugène André, un retraité dans la soixantaine qui se dit heureux de la décision du gouvernement. Assisse à ses côtés dans un café de la basse ville, une dame du même âge qui préfère ne pas s'identifier ne mâche pas ses mots. «Je ne veux plus rien savoir des étudiants! Ça fait longtemps qu'ils auraient dû mettre le holà!» fait-elle valoir.

«Je suis content que le gouvernement tienne son bout», expose Dominic Gagnon, un travailleur âgé de 30 ans rencontré dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. «Mais le gouvernement doit faire attention parce qu'il y a des citoyens qui sont en danger, autant des policiers que des étudiants», fait remarquer le jeune homme au sujet des possibles débordements de violence que la loi spéciale pourrait entraîner.

«T'as le droit de manifester, mais tu n'as pas le droit de faire chier les autres», laisse tomber Jonathan Robert, 20 ans. Le jeune employé d'un restaurant de la place D'Youville estime que Jean Charest et sa ministre de l'Éducation ont bien fait de trancher. «Dans le reste du Canada, c'est plus cher et ils ne chialent pas», expose celui qui, paradoxalement, salue le courage des étudiants.

Yvan Chouinard, 63 ans, croit que la loi spéciale permettra de calmer les esprits échaudés des deux parties. «Un peu de répit sera bénéfique», soutient le retraité. Olivier Dubé, un édimestre aussi dans la soixantaine, croit de son côté que cela ne va rien changer. «Ce sera simplement une belle occasion pour les étudiants de poursuivre leur démarche puisqu'ils auront plus de temps pour manifester», souligne-t-il.

Peu de réactions à l'UL

C'était le calme plat à l'Université Laval hier matin alors que la majorité des étudiants ont terminé leur session d'hiver. Avant le dépôt de la loi spéciale, il y avait 14 811 étudiants en grève - dont 11 000 inscrits aux cycles supérieurs - sur les quelque 44 000 que compte l'institution.

«Je trouve ça bien parce que je suis un peu tanné», affirme Vincent Roy Turgeon au sujet de la loi spéciale. Cet étudiant au deuxième cycle estime que le gouvernement a fait son bout de chemin. «Il a quand même offert de bonnes conditions avec la bonification des prêts et bourses», avance-t-il.

«Je ne peux pas croire que le gouvernement aurait pu plier pour une minorité. C'est seulement 30% des étudiants qui sont en grève», renchérit un étudiant en médecine qui préfère taire son nom. «Je trouve que c'est une bonne affaire, puisque la tension était extrêmement élevée», affirme Samuel Pagé, un étudiant au premier cycle en administration qui entame une session d'été. Une collègue prénommée Berthe abonde dans le même sens. «C'est peut-être pas la meilleure solution, mais si ça peut ramener le calme, c'est bon», analyse-t-elle.

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