Laurent Proulx: un «vert» chez les «rouges»

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Laurent Proulx

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Laurent Proulx, premier universitaire à plaider et à gagner une injonction pour forcer l'Université Laval à lui donner le cours auquel il était inscrit, est apparu comme un surprenant invité à la conférence de presse pour exhorter le gouvernement Charest à renoncer à sa loi spéciale.

M. Proulx est devenu le porte-parole du Mouvement des étudiants socialement responsables. Le groupe brandit le carré vert, symbole des étudiants qui combattent le boycottage des cours et réclament une reprise des cours le plus vite possible.

Jeudi, Laurent Proulx s'est joint à la sortie orchestrée par deux des organisations du carré rouge, supporteurs du mouvement qui paralyse des campus comptant 150000 inscrits. Sur la même tribune, des élus portant aussi le rouge - du Parti québécois, de Québec solidaire, d'Option nationale, des indépendants -, mais également l'initiateur du carré blanc, le scientifique Robert Michaud, prônant l'armistice entre les parties.

En entrevue, M. Proulx plaide qu'il ne faut pas s'y tromper. Il ne renie pas ses convictions du début : le but du Mouvement, c'est le retour en classe, coûte que coûte. Mais il est d'avis qu'une loi spéciale représente la dernière et la pire option.

S'il a obtenu de la Cour de compléter les crédits qui lui ouvriront la porte de la Faculté de droit, à l'automne, il suggère qu'une législation suspendant les cours jusqu'en août ne réglera pas le climat déjà explosif chez les grévistes. Une telle approche «n'est pas mauvaise en soi. Mais qui sera pénalisé?» demande-t-il en répondant aussitôt à la question.

«Défendre les plus faibles»

Laurent Proulx affirme que le Mouvement qu'il représente «cherche toujours à défendre les plus faibles. Les plus forts, les plus intelligents, les mieux "accotés" par les parents, les plus proches physiquement des universités» s'en tirent toujours tandis que les «étudiants de la classe moyenne en descendant, ceux dont les parents sont moins présents financièrement ou encore» les inscrits des régions casqueront pour des sessions repoussées dans le temps.

Au moment où le gouvernement Charest lance une offensive pour imposer sa loi, M. Proulx est d'avis que la responsabilité est partagée pour expliquer le cul-de-sac. «Je suis déçu de toutes les parties, dit-il des principaux protagonistes. Ceux qui disent que toute la faute est au gouvernement ou que c'est celle des étudiants sont dans le champ.»

Sa présence en avait étonné plusieurs, mercredi, lorsque la Fédération étudiante collégiale du Québec a dévoilé ce qui apparaît comme une ultime solution à négocier. Tout critique qu'il soit des «assos» étudiantes, M. Proulx insiste sur le fait que le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, «a mis la tête sur le billot» pour que sa suggestion de sortie de crise soit approuvée. «On n'a jamais vu ça» de la part des leaders étudiants, lance-t-il.

Jeudi matin, Laurent Proulx croyait encore à une possible reprise de dialogue pour éviter la loi spéciale. En soirée, il disait : «Tant que la loi ne sera pas adoptée, nous gardons espoir» d'une solution négociée.

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