Retour en classe: un casse-tête à «géométrie variable»

«Il n'y a pas de mécanique universelle qui... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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«Il n'y a pas de mécanique universelle qui s'applique à toutes les universités», a expliqué la présidente de l'Université du Québec, Sylvie Beauchamp.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

(Québec) Sessions allongées, écartelées ou condensées, doubles cohortes, cours spéciaux: les cégeps et les universités de la province devront jongler avec un véritable casse-tête à «géométrie variable» pour sauver les sessions du printemps... et de l'automne.

Mercredi, Jean Charest a annoncé qu'une loi spéciale forcerait la suspension des sessions en cours dans les cégeps et les programmes universitaires en grève, à moins d'ententes particulières. Les semaines perdues seraient reprises aux mois d'août et de septembre. La session d'automne, elle, se tiendrait en accéléré, à partir du mois d'octobre.

Or, l'application réelle de cette suspension s'annonce complexe autant pour les cégeps que pour les universités. Jeudi, sans connaître le fond de la loi spéciale, ni la Fédération des cégeps, ni la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) ne pouvaient clarifier la mécanique qui s'appliquera pour la reprise des cours. Mais elles tenaient tout de même à envoyer un signal clair de solidarité dans le réseau de l'éducation.

«L'objectif est de ne laisser personne sur le carreau», a martelé Luce Samoisette, rectrice de l'Université de Sherbrooke et présidente de la CREPUQ.

«Pour chacun des établissements et chacun des programmes, on va ajuster la session en fonction des demandes d'admission», a de son côté commenté la présidente de l'Université du Québec, Sylvie Beauchamp. «Ça va vraiment être à géométrie variable, il n'y a pas de mécanique universelle qui s'applique à toutes les universités», a-t-elle poursuivi, en rappelant que les universités ont des règles de fonctionnement plus souples que les cégeps.

Du côté collégial, des ententes dans certains des 14 établissements en boycottage semblent possibles. «Dans certains cégeps, il y a eu des injonctions, et les étudiants ont accès à leurs cours depuis quelques semaines. Il est possible que dans ces cas-là, les collèges veuillent avoir une entente avec les étudiants et les enseignants pour terminer d'ici la fin juin. C'est le genre de scénario qu'on pourra regarder», a précisé Caroline Tessier, directrice des communications à la Fédération des cégeps, rappelant que les sessions se déroulent normalement dans 34 collèges.

Doubles cohortes

Le noeud du problème s'articule autour des finissants qui passeront du cégep à l'université à l'automne. Il pourrait y avoir une double cohorte dans certains programmes universitaires. L'une de ces cohortes commencerait à la date habituelle avec les cégépiens qui auraient terminé leur session sans encombre, alors que la deuxième accueillerait les cégépiens qui auraient terminé leur session à la fin septembre, ont évoqué Sylvie Beauchamp et Luce Samoisette. «Dans d'autres cas, ça va être plus difficile. On va ajuster ça au fur et à mesure, quitte à faire du surmesure», consent toutefois la présidente de la CREPUQ.

La prochaine étape, poursuit Luce Samoisette, sera d'attendre les réponses des futurs universitaires à leurs offres d'admission. Il serait alors plus facile de tirer un portrait de la situation et d'élaborer des solutions, soutient-elle.

736 abandons de cours à l'Université Laval

Si le flou persiste concernant le retour en classe, plusieurs étudiants de l'Université Laval ont déjà mis une croix sur leur session, en tout ou en partie. Dès le 17 avril, l'administration de l'établissement universitaire avait proposé une procédure d'abandon de cours sans mention d'échec et sans remboursement aux étudiants touchés par la grève. Selon Sylvain Gagné, du service des communications de l'Université Laval, au moins 736 inscriptions individuelles à un cours ont été annulées depuis.

«Ce sont des chiffres préliminaires», précise-t-il.

Difficile de savoir avec précision combien d'étudiants se sont prévalus de la mesure, puisque chacun d'eux a pu abandonner plusieurs cours, indique le porte-parole.

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