Loi spéciale: une «déclaration de guerre», disent les étudiants

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La présidente de la Fédération universitaire étudiante du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, dénonce une «déresponsabilisation» du gouvernement par rapport à la crise.

La Presse Canadienne

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) La loi spéciale de Jean Charest est une «déclaration de guerre» aux étudiants. Elle sera contestée parce qu'elle est «déraisonnable» et qu'elle vise à «tuer les associations étudiantes».

Les leaders étudiants sont apparus sonnés, jeudi soir, par la sévérité de la loi spéciale concoctée par le gouvernement libéral pour les mater.

«Le gouvernement du Québec se sert d'une crise qu'il a lui-même provoquée pour transformer l'expression citoyenne en crime et un État qui a une tradition d'ouverture en un État qui est policier», s'est indigné le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin. «C'est pire que ce à quoi on s'attendait», ajoute-t-il.

La présidente de la Fédération universitaire étudiante du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, dénonce une «déresponsabilisation» du gouvernement par rapport à la crise.

«Le gouvernement fait vraiment une déclaration de guerre au mouvement étudiant, a dit Mme Desjardins. [...] On vient dire aux jeunes que depuis 14 semaines, tout ce qu'ils ont créé comme mouvement social sera désormais criminel. On vient leur dire qu'ils n'ont plus le droit d'aller manifester leur désapprobation.»

Il appert que les seuls gestes que ce gouvernement semble capable de faire radicalisent le mouvement étudiant», constate Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). «Un projet de loi comme ça ne peut que susciter la colère, dit-il. [...] C'est un geste de perdant de la part du gouvernement qui a utilisé toute sorte de stratégies pour diviser le mouvement.»

Chartes violées

La loi matraque viole les chartes québécoise et canadienne des droits et libertés, des lois hiérarchiquement supérieures à cette loi, disent les étudiants. «Cette loi est, et de loin, pire que l'augmentation des droits de scolarité pour les étudiants, a dit M. Bureau-Blouin. De loin pire pour la liberté d'expression que l'augmentation de 75% des droits de scolarité peut l'être pour l'accessibilité aux études.» La FECQ a espoir de pouvoir plaider l'urgence d'entendre la cause.

La CLASSE semble moins optimiste. «Les gens n'auront même pas le temps de la contester, dit M. Nadeau-Dubois. Elle va durer seulement un an. L'effet d'éteignoir de la mobilisation recherché aura probablement déjà fait effet.»

La publication des articles de loi rendent absolument impossible toute reprise des discussions avec le gouvernement, affirment les leaders, qui, plus tôt dans la journée, plaidaient pour un retour à la table.

«Ce n'est pas possible d'entamer un processus de discussion avec une menace aussi grande qui plane sur la liberté d'expression», a poursuivi M. Bureau-Blouin. «C'est très difficile, voire impossible. [...] C'est une limitation excessive, déraisonnable du droit de manifester, et je pense que l'ensemble de la population du Québec devrait s'en indigner. Tout le monde sera pris à partie par une loi comme celle-là.» La CLASSE est plus ambivalente quant à la possibilité d'accepter une invitation à négocier, le cas échéant.

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