Conflit étudiant: le gouvernement Charest attendu dans le détour électoral

«S'il y a des élections, clairement, nous avons... (Photo La Presse Canadienne)

Agrandir

«S'il y a des élections, clairement, nous avons un plan», a lancé la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, en commentant la loi spéciale du gouvernement Charest.

Photo La Presse Canadienne

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) En colère, les leaders étudiants annoncent qu'ils attendent Jean Charest et son gouvernement dans le détour... électoral.

Mercredi, les trois principales associations défendant les 150000 jeunes en grève ont dénoncé la loi spéciale qui suspend jusqu'à l'automne les cours sur les campus frappés par le boycottage.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont confirmé qu'ils contesteront la légalité de la loi, notamment parce que le «droit associatif» serait bafoué. «Ce n'est pas en suspendant les cours qu'on suspend la crise», a prévenu le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin.

«Le gouvernement a délibérément attendu» que les manifestations deviennent violentes pour tenter de faire perdre la crédibilité au mouvement, a-t-il accusé. «Des milliers de jeunes l'ont dans la gorge et s'en souviendront», lorsque les Québécois seront appelés aux urnes.

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a renchéri. «S'il y a des élections, clairement, nous avons un plan», a-t-elle lancé, en prenant à témoin son collègue de la FECQ.

Depuis le début, a-t-elle répondu en substance, les dirigeants des associations ne cessent de marteler que ce n'est pas pour une question d'argent que le gouvernement a décrété une hausse des droits de scolarité. Ce serait plutôt pour «faire de la petite politique».

Porte-parole à la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Jeanne Reynolds a établi que «chaque député qui votera pour cette loi» en portera les conséquences politiques. «Pendant la grève, Charest a été hautain, arrogant» et a ridiculisé les étudiants, a-t-elle critiqué.

Les trois «assos» étudiantes ont prédit que l'adoption d'une loi spéciale ne calmera en rien les esprits. Avec un tel recours, le gouvernement n'a pas à se demander «pourquoi les jeunes ont perdu confiance» dans l'institution qu'est le Parlement, a mentionné Léo Bureau-Blouin. «Ce n'est pas à coups de matraque qu'on mettra fin au conflit.»

«Le gouvernement voulait faire diminuer les tensions», a fait savoir Martine Desjardins. Elle craint que le geste décidé par Jean Charest ne fera que les aviver. «Bâillonner les jeunes» n'est pas une façon de gouverner, a-t-elle ajouté en laissant entendre que la mobilisation ne s'arrêtera pas avec le dépôt de la loi.

«Descendre dans la rue»

De son côté, Gabriel Nadeau-Dubois, également représentant de la CLASSE, a appelé les étudiants «à descendre dans la rue, ce soir, demain soir» et jusqu'à l'automne. Il a mentionné que la décision gouvernementale n'est que de nature à mettre le feu aux poudres.

Il n'a pas voulu lancer un mot d'ordre vers les plus ardents militants chez les grévistes. «Tout ce que nous pourrions faire pour les calmer est devenu inutile» avec la loi spéciale, a dit Gabriel Nadeau-Dubois.

Son rôle n'est pas de calmer le jeu, mais de comprendre les étudiants, a-t-il précisé. Selon lui, l'option retenue par le gouvernement «envenimera le conflit, le prolongera dans le temps». Un peu plus tôt, Léo Bureau-Blouin a avancé que s'il y a de tragiques dérapages, «c'est le gouvernement qui en portera l'odieux».

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer