Le départ de Line Beauchamp étonne les associations étudiantes

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, et... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, et le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) Si la FEUQ et la FECQ croient que le départ de Line Beauchamp peut favoriser une sortie de crise, la CLASSE rappelle que le problème n'est pas la titulaire au poste de ministre de l'Éducation mais plutôt le refus du gouvernement de discuter des droits de scolarité. Tous s'entendent néanmoins pour dire que rien ne laissait entrevoir un tel revirement de situation.

«On est assez surpris, on avait encore des discussions trois heures avant. On attendait une rétroaction de sa part», affirme la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins.

«Rien ne laissait présager un tel coup d'éclat», renchérit le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, qui a d'abord tenu à saluer le parcours politique de la ministre même s'il dit ne pas toujours avoir été d'accord avec elle.

Mais celui-ci déplore les propos tenus par Mme Beauchamp lors de son point de presse annonçant son retrait de la vie politique. «Je l'ai trouvée dure de rejeter tout le blâme sur les étudiants alors qu'il y a eu plusieurs compromis», affirme-t-il.

Les représentants de la FECQ et de la FEUQ disent par ailleurs avoir réclamé des explications sur la proposition de la tenue d'une commission parlementaire et non l'avoir rejetée du revers de la main comme l'a affirmé la ministre. La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) n'avait pas pris position à ce sujet, souligne la porte-parole Jeanne Reynolds.

Sortie de crise?

Martine Desjardins et Léo Bureau-Blouin voient d'un bon oeil la venue d'une nouvelle vis-à-vis dans le conflit qui s'éternise. «Ça risque d'accélérer le processus de sortie de crise», soutient Mme Desjardins. Selon elle, la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, qui a participé aux négociations la fin de semaine du 4 mai, est en «mode solution».

«C'était elle la moins fermée à certaines idées que l'on a proposées», souligne Mme Desjardins, ajoutant que Michelle Courchesne a la réputation de défendre les dossiers qu'elle porte. À peine nommée, celle-ci avait déjà convoqué en fin d'après-midi hier les parties pour une rencontre, illustre la présidente de la FEUQ.

«Ce qu'on a besoin, c'est d'un pompier et non d'un pyromane, lance Léo Bureau-Blouin. C'est une dame d'expérience, c'est elle qui a les cordons de la bourse. Je crois que cela démontre de la part du gouvernement qu'il veut avoir en main les cartes pour régler le conflit», ajoute celui qui espère que la nouvelle ministre aura «la marge de manoeuvre nécessaire» pour en venir rapidement à une entente avec les étudiants.

«On ne fait pas la grève contre Mme Beauchamp mais contre les frais de scolarité. On veut une solution et non une démission», tranche pour sa part la porte-parole de la CLASSE. «Peu importe la personne qui va être à ce poste-là, c'est des frais de scolarité dont on veut parler», martèle Jeanne Reynolds.

«Si la ministre Courchesne s'attend à arriver et à ne pas plier, on n'est pas sorti du bois», conclut-elle.

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