«Il faudrait mettre la hausse de côté, histoire de se donner le temps de discuter, car l'entente de principe est vraiment morte, et il sera difficile de la ressusciter», déclare Louis Roy, président de la Confédération des syndicats nationaux.
Pour lui, la seule solution serait que le gouvernement décrète que la hausse ne s'applique pas pour la prochaine année. «La hausse pourrait demeurer, mais ne pas s'appliquer le 1er septembre. Entre-temps, le conseil des universités déposera son rapport et il y aura probablement un débat public là-dessus, que ce soit une commission parlementaire ou des états généraux. Et il y aura aussi éventuellement des élections», poursuit-il.
Réjean Parent, président de la Centrale des syndicats du Québec, partage ce point de vue. «Le gouvernement ne semble pas aimer le mot moratoire, alors qu'on parle d'une trêve ou d'une suspension, peu importe! Le gouvernement devrait mettre dans la glacière cette hausse des frais de scolarité jusqu'au déclenchement d'élections», affirmait-il hier.
M. Parent estime que, dans ce dossier, il sera difficile de refaire le pont entre des parties, qui se sont mises à ne plus croire l'autre partie. «Une trêve pourrait au moins donner une ambiance de confiance pour convoquer de nouveau les parties à la table. Ce ne serait pas une compromission ni d'un bord, ni de l'autre. Ce serait simplement un moment d'accalmie en attendant que la population tranche lors d'élections.»
D'autres moyens
De son côté, Louis Roy a aussi suggéré au gouvernement deux autres moyens de régler la question du financement universitaire, soit revoir le programme des régimes enregistrés d'épargne-études ou puiser dans le Fonds des générations.
«Les gens qui cotisent à un régime d'épargne-études sont des gens plus fortunés qui gagnent en général au moins 100 000$ par an et ça coûte 50 millions$ par an en impôts non perçus. Quant au Fonds des générations, il contient 3,7 milliards$ et on y mettra 300 millions$ de plus cette année, alors que la hausse représente 270 millions$.»